Le Conseil de sécurité des Nations unies a fermement condamné les offensives en cours du Mouvement du 23 mars (M23) dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC). Par la résolution 2773 (2025), adoptée à l’unanimité, il exige l’arrêt immédiat des hostilités par le M23, son retrait des zones occupées et l’abandon total de l’administration parallèle illégitime instaurée sur le territoire congolais.
Agissant sous le Chapitre VII de la Charte des Nations unies, le Conseil a également appelé les Forces de défense du Rwanda à cesser leur soutien au M23 et à se retirer immédiatement du territoire congolais sans conditions. Il a exhorté Kinshasa et Kigali à reprendre les négociations diplomatiques et a réaffirmé le rôle crucial des processus de Luanda et de Nairobi pour résoudre le conflit.
Appel à la cessation des soutiens aux groupes armés
La résolution demande également l’arrêt du soutien de l’armée congolaise à certains groupes armés, en particulier les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), et la mise en œuvre urgente des engagements pris pour la neutralisation de ce groupe. Le Conseil a insisté sur la nécessité pour toutes les parties de faciliter la livraison rapide de l’aide humanitaire aux populations affectées et a exhorté à l’ouverture de couloirs humanitaires temporaires dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Soutien renouvelé à la MONUSCO
Réaffirmant son soutien total à la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), le Conseil a mis en garde contre toute tentative visant à entraver sa capacité à remplir son mandat. Il a également dénoncé l’exploitation et le trafic illicites des ressources naturelles dans l’est du pays et a renouvelé son engagement en faveur de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de la RDC.
« Il n’y a pas de solution militaire au conflit »
Le représentant de la France, auteur du texte, a souligné que cette résolution envoie un message clair : « Il n’existe pas de solution militaire au conflit à l’est de la RDC ; l’offensive du M23, soutenue par le Rwanda, doit cesser immédiatement. » Il a insisté sur le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la nécessité pour la MONUSCO de mener son mandat sans obstruction.
Les initiatives africaines doivent être soutenues
L’Algérie a rappelé la récente déclaration du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, qui affirme que seule une solution politique mettra fin au conflit. La Sierra Leone a dénoncé le pillage des ressources naturelles comme moteur de l’instabilité et a insisté sur l’importance du dialogue pour une paix durable.
De son côté, la Somalie a mis en garde contre les mesures susceptibles de compliquer les efforts de paix existants, appelant à une coopération régionale renforcée. La Chine a réaffirmé son soutien aux solutions africaines pour les problèmes africains et a souligné que les résolutions du Conseil doivent compléter les initiatives régionales.
Un tournant critique pour la région des Grands Lacs
Le représentant du Pakistan a averti que la région est à un « tournant critique » et que le Conseil de sécurité doit agir pour éviter une guerre à grande échelle. La Corée du Sud a également mis en garde contre une escalade régionale majeure et a appelé Kinshasa et Kigali à un retour urgent au dialogue diplomatique.
La Fédération de Russie a insisté sur la mise en application immédiate de la résolution et sur l’arrêt des hostilités pour permettre aux populations de rentrer chez elles.
Kinshasa et Kigali réagissent
Le représentant de la RDC a déploré le retard du Conseil à agir, affirmant que « trois semaines de paralysie ont donné carte blanche à l’occupation illégale du territoire congolais par les forces rwandaises et leurs alliés ». Toutefois, il a salué l’adoption de la résolution et appelé à sa mise en œuvre immédiate pour alléger les souffrances des populations.
De son côté, le représentant du Rwanda a exprimé son inquiétude face à ce qu’il considère comme une « intimidation sans précédent des voix africaines » au sein du Conseil, ajoutant que la résolution ne tient pas compte des défis sécuritaires du Rwanda ni des revendications légitimes des Congolais d’expression kinyarwanda.
Un appel urgent à la paix
L’Angola a exhorté à un cessez-le-feu immédiat et à la reprise du dialogue, rappelant l’importance du processus de Luanda. Le Royaume-Uni a insisté sur la cessation immédiate des hostilités par le M23 et a averti que si les parties ne respectent pas la résolution, le Conseil devra envisager des mesures supplémentaires.
Enfin, les États-Unis ont annoncé des sanctions contre des responsables liés au M23 et ont souligné que, bien que les solutions africaines doivent être privilégiées, cela ne doit pas empêcher une action rapide de la communauté internationale pour éviter une guerre à grande échelle dans la région des Grands Lacs.
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