Le débat sur un éventuel changement de la Constitution en République démocratique du Congo prend une nouvelle dimension. Pour le député national Crispin Mbindule, l’enjeu dépasse le cadre strictement juridique pour s’inscrire dans une logique de sécurité nationale et de stabilité politique.
Lors d’une récente intervention, l’élu a défendu une position sans équivoque : le maintien du président Félix Tshisekedi à la tête de l’État serait, selon lui, indissociable de la résolution du conflit dans l’Est du pays. Il estime que le chef de l’État a démontré sa capacité à restaurer l’intégrité territoriale et doit, à ce titre, aller au terme de cette mission.
« Nous voulons que le président puisse d’abord terminer cette guerre, parce qu’il a démontré qu’il en est capable », a-t-il déclaré, rejetant toute hypothèse de transition ou de départ anticipé avant un retour durable à la stabilité.
Dans cette logique, Crispin Mbindule plaide pour que le président dispose du temps nécessaire afin de « consolider la paix », considérant son leadership comme un rempart face à l’insécurité persistante dans l’Est.
Parallèlement, le député insiste sur la nécessité d’une réforme constitutionnelle. Il rappelle que, dès 2020, une partie de la population dénonçait déjà certaines dispositions de la loi fondamentale, jugées permissives et susceptibles d’avoir facilité, selon lui, des phénomènes d’« infiltration ».
Il évoque notamment la question de la nationalité, estimant que certaines failles juridiques auraient contribué à alimenter un sentiment d’insécurité identitaire et à fragiliser l’État face aux influences extérieures.
Au-delà de cet aspect, Crispin Mbindule appelle à une refondation plus large du texte constitutionnel afin de corriger ce qu’il qualifie de « failles structurelles ». Il critique un système qui, selon lui, tend à récompenser la prise d’armes, au détriment des voies démocratiques.
« Aujourd’hui, vous prenez les armes, demain, vous êtes général ou ministre. Nous devons corriger cela pour éviter que cela ne se reproduise », a-t-il insisté, plaidant pour une Constitution conçue « par et pour les Congolais ».
En conclusion, le député établit un lien direct entre la stabilité du pays et le maintien de Félix Tshisekedi au pouvoir. S’il reconnaît qu’un changement de Constitution n’implique pas automatiquement une prolongation de mandat, il estime néanmoins que le contexte sécuritaire actuel exige une continuité au sommet de l’État.
Un positionnement qui place clairement l’impératif sécuritaire au-dessus des échéances électorales traditionnelles.
Azarias Mokonzi
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