La transformation des corridors de transport en moteurs de croissance et de souveraineté a figuré parmi les principaux axes abordés lors de la récente réunion du Conseil des ministres. Une orientation qui marque un tournant dans la vision économique de la République démocratique du Congo.
Dans la continuité des décisions prises lors de la 40ᵉ réunion tenue à Lubumbashi en avril 2025, le président Félix Tshisekedi a réaffirmé sa doctrine : les corridors ne doivent plus se limiter à l’exportation des matières premières, mais devenir des infrastructures structurantes au service d’une économie intégrée et compétitive.
Cette ambition s’appuie sur la position géographique stratégique de la RDC, située au cœur du continent africain et frontalière de neuf pays, un atout majeur pour se positionner comme hub des échanges interafricains.
Au cœur de cette stratégie figure le corridor Ouest Banana–Boma–Matadi–Kinshasa, érigé en priorité nationale. Soutenu par le projet du port en eau profonde de Banana, cet axe représente une ouverture directe sur l’océan Atlantique et un levier clé pour renforcer l’indépendance économique du pays. Sa modernisation, tant routière que ferroviaire, est désormais considérée comme urgente.
Au-delà des ambitions affichées, l’exécutif entend accélérer la phase opérationnelle. Le Chef de l’État a instruit plusieurs membres du gouvernement à assurer un pilotage rigoureux des projets. Le Vice-Premier ministre en charge des Transports, en coordination avec les ministères de l’Industrie et des Infrastructures, est appelé à superviser leur mise en œuvre à travers la Direction générale des corridors de développement industriel (DGCDI), avec pour objectif d’assurer suivi, évaluation et performance.
Dans le même temps, le ministère des Finances est chargé de structurer des mécanismes innovants de financement, notamment via des partenariats public-privé, tandis que le ministère de l’Aménagement du territoire devra garantir une intégration cohérente de ces infrastructures dans une vision nationale globale.
Ce virage stratégique intervient dans un contexte marqué par des coûts logistiques élevés et une connectivité interne encore insuffisante, deux freins majeurs à la compétitivité de l’économie congolaise.
En appelant à « passer de l’intention à l’action », Félix Tshisekedi place désormais le gouvernement face à une exigence de résultats concrets. Reste à voir si cette volonté politique se traduira rapidement sur le terrain, dans un pays où les grands projets d’infrastructures peinent encore, souvent, à dépasser le stade des annonces.
N.Samuel
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