C’est un samedi noir pour les usagers de la route à Beni. Sur le boulevard Nyamwisi, l’artère principale de la ville, le décor est inhabituel : des motos et des voitures immobilisées jonchent les abords de la chaussée, victimes de pannes sèches en série.
Le prix du litre de carburant, qui flambe de jour en jour, a franchi la barre psychologique des 20 000 Francs congolais chez les revendeurs informels, dits « Kadhafi ».
Cette crise, qui paralyse l’économie locale, prend racine dans une combinaison de facteurs explosifs. Selon des sources proches des opérateurs économiques, la cause principale est interne : une restructuration profonde des taxes imposées aux pétroliers par le gouvernement congolais. Cette nouvelle pression fiscale, jugée étouffante par les importateurs, réduit drastiquement les marges et l’offre sur le marché.
À cela s’ajoute un contexte international instable. La guerre au Moyen-Orient continue de perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales, renchérissant les coûts de transport et d’assurance pour le carburant destiné à l’Est de la RDC.
Pour les habitants de Beni, les conséquences sont immédiates et brutales. Le prix d’une course en ville a doublé, voire triplé en l’espace de quelques heures. « Traverser la ville est devenu un luxe. Ce qui nous coûtait 1 000 FC nous en coûte aujourd’hui 3 000 FC, quand on trouve un motard qui accepte de rouler. Le gouvernement doit prendre conscience de la situation que nous traversons », confie un habitant dépité.
Si la situation persiste, c’est toute la chaîne de distribution des produits de première nécessité qui risque d’être impactée, faisant craindre une inflation généralisée dans cette région déjà meurtrie par l’insécurité.
Azarias Mokonzi
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