Le procès du docteur David Balanganayi, poursuivi pour coups et blessures sur sa patiente Dorcas Moya, connaît un nouveau rebondissement. L’audience finale, initialement prévue ce mercredi 1er avril au Tribunal de grande instance de Kinkole, a été reportée en raison de la journée chômée et payée décrétée par le gouvernement congolais, consécutive à la qualification historique des Léopards de la RDC à la Coupe du monde 2026.
Selon Me Faustin Bukasa, conseil du prévenu, l’audience devrait être reprogrammée, sauf imprévu, ce vendredi 3 avril. « Je confirme que l’audience a été reportée. La nouvelle date sera communiquée prochainement, probablement ce vendredi 3 avril », a-t-il déclaré à la presse.
Ce report intervient alors que le tribunal s’apprêtait à clore ce dossier très médiatisé, avec les plaidoiries de la défense, les conclusions des parties civiles, le réquisitoire du ministère public ainsi que le prononcé du jugement.
L’affaire remonte à la diffusion d’une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, montrant le Dr Balanganayi administrant des gifles et des stimulations physiques à sa patiente, juste après son accouchement, alors qu’elle subissait une intervention de suture sans anesthésie.
Ces images ont suscité une vive émotion à travers le pays et relancé le débat sur la déontologie médicale et les droits des patientes en République démocratique du Congo.
Lors de la précédente audience, tenue le 30 mars dans une atmosphère particulièrement tendue, plusieurs experts médicaux ont été entendus. Si certains ont rappelé que les règles déontologiques interdisent toute forme de violence sur un patient, d’autres ont évoqué la complexité d’une prise en charge en situation d’urgence, notamment face à une hémorragie post-partum et à un refus de soins.
À la barre, le prévenu, visiblement ému, a défendu ses actes en invoquant la nécessité de sauver la vie de la jeune femme. Sa défense s’appuie sur la notion d’état de nécessité, soutenant que chaque minute était cruciale dans une situation où la vie de la patiente était en danger.
De son côté, la partie civile rejette catégoriquement cette argumentation. Les avocats de la victime estiment qu’aucune circonstance ne peut justifier des violences physiques, surtout à l’encontre d’une patiente en situation de vulnérabilité. Ils rappellent que la loi sur la santé publique interdit toute contrainte physique dans l’administration des soins.
Par ailleurs, la famille de la victime conteste également certaines affirmations avancées au cours du procès, notamment celles suggérant que l’entourage aurait encouragé le recours à la force. La grand-mère de la jeune femme a fermement démenti ces allégations.
Christian. T ÉZÉCHIEL
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