Appelé à comparaître pour éclairer les juges dans cette affaire de présumé détournement de fonds publics liés au Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), Constant Mutamba ne s’est pas présenté, invoquant des raisons de santé. Dans une correspondance datée du 4 mai, il a indiqué être hospitalisé depuis plusieurs mois et dans un état « fragile », joignant à sa lettre une attestation médicale émanant d’un cabinet spécialisé.
Prenant acte de ces éléments, la première présidente de la cour, a annoncé le renvoi de la cause afin de permettre au prévenu de se rétablir. « Il a produit des attestations médicales et adressé une lettre d’excuses. Toutefois, sa comparution reste nécessaire pour la poursuite de l’instruction », a-t-elle déclaré, précisant que l’ancien ministre devra être confronté à plusieurs témoins déjà cités.
La magistrate a également souligné que ce délai vise à garantir un procès équitable, tout en permettant à la cour de poursuivre sereinement ses investigations. Plusieurs témoins clés, notamment des responsables d’entreprises publiques et privées, seront ainsi rappelés à la prochaine audience.
Du côté du ministère public, l’absence de Constant Mutamba n’a pas été sans réaction. Le parquet a insisté sur l’importance de sa comparution, estimant qu’elle constitue une étape essentielle dans la manifestation de la vérité. « Il n’y a rien à craindre, ni à éviter la justice », a déclaré une source proche de l’accusation, appelant à une collaboration franche avec les juridictions.
Selon le ministère public, cette comparution est cruciale pour confronter les différentes versions des faits. Il s’agit notamment de vérifier certaines déclarations faites lors de précédentes auditions et d’établir les responsabilités dans ce dossier complexe.
Au cœur de cette affaire figurent des paiements estimés à plus de 50 millions de dollars américains, qui auraient été effectués sans respecter certaines procédures, notamment l’obtention préalable de l’avis de non-objection de la Direction générale de contrôle des marchés publics (DGCMP).
Le directeur général ad intérim du FRIVAO, entendu dans cette affaire, a affirmé avoir exécuté ces paiements sur instruction verbale de l’ancien ministre de la Justice.
Par ailleurs, plusieurs personnalités citées dans ce dossier, notamment des responsables de la Rawbank et de la Société nationale d’électricité (SNEL), étaient également absentes à l’audience. Elles sont attendues lors de la prochaine comparution fixée au 19 mai.
En attendant cette échéance, l’évolution du dossier FRIVAO reste suspendue à la comparution effective de Constant Mutamba, dont l’audition est jugée déterminante pour la suite de la procédure.
Christian T. ÉZÉCHIEL
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