Selon des sources locales et des témoignages recueillis par la société civile, des réunions ont été organisées par les ADF, notamment à Makuku et Ndioka, dans la chefferie de Babila-Bakwanza. Lors de ces rencontres, les combattants auraient imposé un système de taxation obligatoire afin de renforcer leur contrôle sur la population et le territoire.
Les mécanismes de ce prélèvement forcé incluent notamment une taxe d’identification évaluée à environ 30 000 FC par champ, ainsi qu’une redevance mensuelle pouvant atteindre 50 dollars par habitant dans certaines zones, en échange d’un « jeton » de sécurité.
« Depuis quelques jours, les agriculteurs paient d’importantes sommes chaque semaine aux ADF. Ils tiennent des réunions sans être inquiétés pour le moment, ce qui pourrait compliquer les offensives de l’armée congolaise », a déclaré Arsène Shamamba, cadre et chercheur en sécurité dans l’Est de la RDC.
Cette nouvelle forme d’autofinancement, bien que fondée sur la contrainte et la violence, renforce l’ancrage local du groupe armé et compense la réduction de ses sources de financement externes, affaiblies par les opérations conjointes FARDC-UPDF.
Pour certains analystes, « en imposant des taxes, les ADF se comportent comme une autorité locale de fait. Ce contrôle économique crée une relation de dépendance et de peur qui dissuade la population de collaborer avec les services de renseignement militaires ».
Cette stratégie réduit la marge de manœuvre de l’armée congolaise. En s’immisçant dans la gestion des champs et en prenant en otage la survie économique des paysans, les ADF se protègent contre les offensives. « Les déloger dans ces conditions expose les civils à des représailles immédiates ou à la perte de leurs moyens de subsistance », explique Rams Malikidogo, acteur de la société civile.
Malgré ces défis, les opérations conjointes FARDC-UPDF ont récemment intensifié la pression dans la chefferie de Babila-Bakwanza, permettant la libération de plusieurs dizaines d’otages en avril 2026. Toutefois, la menace demeure à l’ouest de Lolwa et vers le territoire de Mambasa, où de nombreux déplacés continuent de fuir les exactions.
Azarias Mokonzi
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