Agression dans l’Est : À Bunagana, la société civile exige la démission du gouvernement central pour son incapacité à assurer la souveraineté et l’intégrité territoriale
Agression dans l’Est : À Bunagana, la société civile exige la démission du gouvernement central pour son incapacité à assurer la souveraineté et l’intégrité territoriale
AFP
Après avoir récupéré la cité sans combat, l’occupation de Bunagana dans la province du Nord-Kivu par les terroristes du M23 soutenus par les Forces armées rwandaises (RDF) fête son premier anniversaire ce mardi 13 juin. Depuis lors, la situation dans la région est passé au rouge : les échanges commerciaux toujours supervisés par les terroristes [ un manque à gagner pour le trésor public], les acteurs sociaux déplorant l’inaccessibilité des zones agricoles et un leurre-retrait des agresseurs de la cité n’ont fait qu’irriter le moral déjà torturé de la population qui dénonçait une cohabitation entre les insurgés et le contingent ougandais de l’EAC.
Le gouvernement central doit démissionner
Cependant, à l’égard de la vaste étendue critique de la situation dans la région, la société civile de la ville de Goma s’en prend à la léthargie du gouvernement central face aux jeux de la gestion territoriale. Cette structure citoyenne estime que Kinshasa doit démissionner pour n’avoir pas défendu la souveraineté nationale.
En effet, la société civile de la ville de Goma dit constater avec regret que la misère de la population dans les entités sous contrôle terroriste s’accentue. A l’en croire, après la prise de Bunagana, le tandem M23-RDF se sont progressivement emparés d’autres agglomérations.
« Vu que les efforts diplomatiques et les tentatives des offensives militaires et diplomatiques ont échoués, la société civile et la population dans l’est de la RDC », lance Marrion Ngavho, président de la société civile urbaine de Goma, exigeant de ce fait « la démission du gouvernement central car n’étant à mesure d’assurer la souveraineté et l’intégrité du patrimoine national congolais ».
Lancer des offensives contre M23 et ADF
Dans cette occupation, la population locale a toujours reproché aux forces de l’EAC d’être de mèche avec les insurgés. Selon la radio onusienne, des contacts au sein de la force régionale affirment que le mécanisme de vérification ad hoc, issu de la feuille de route de Luanda vérifie cette situation, ce qui paraît totalement paradoxal à l’égard de la mission leur assignée ; surtout le contingent ougandais entré officiellement en RDC par la base de Kibaya, dans l’Est de Bunagana, vendredi 31 mars dernier et installé le 3 avril.
L’administration civile installée par le M23, d’après la même source, serait toujours à l’œuvre et des combattants du M23 occuperaient encore les maisons de certains habitants, en fuite, après en avoir cassé les portes. C’est ce qui a amené indéniablement la population à se méfier des forces de l’EAC et parallèlement la société civile du chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
« Nous demandons, dans l’immédiat, aux forces de défense et de sécurité de la RDC, sans compter aux forces régionales et autres, de lancer les offensives et le nettoyage de positions du M23 et Forces démocratiques alliées (ADF) », réclame Marrion Ngavho qui estime que cela facilitera le retour de déplacés de l’Est de la RDC dans leurs entités et procéder à la réouverture de la route Goma-Butembo-Bunia-Kisangani en vue de la reprise des échanges commerciaux.
Le 13 juin c’est aussi l’anniversaire de FATSHI
Et comme les coïncidences sont faites également pour des jours comme celui-ci, le Président de la République, garant de la Nation, fête lui aussi son soixantième anniversaire de naissance ce même 13 juin. Si à Kinshasa les tendances s’annoncent déjà festives en l’honneur de son jour spécial, le Président Félix Tshisekedi devrait penser parallèlement à bousculer le Premier ministre afin de remédier urgemment à cette situation qui tanne Bunagana depuis une année pleine. C’est ainsi que les Congolais de Bunagana immortaliseront à jamais ce jour.
Odon Bakumba

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