Transparence éditoriale

Charte éditoriale

Pourquoi ce document existe

BETO est un média congolais. Depuis 2014, sous le nom de Politico.cd, nous avons couvert la vie politique, économique et sociale de la République démocratique du Congo. À partir du 30 juin 2026, nous le faisons sous le nom de BETO, avec un périmètre élargi à trois univers — S’informer, S’éduquer, S’inspirer.

Cette charte éditoriale énonce ce à quoi nous tenons. Elle est rendue publique pour deux raisons : pour que vous puissiez nous l’opposer si nous nous en éloignons, et pour qu’à l’intérieur de la rédaction, nous puissions nous y référer collectivement quand un cas difficile se présente.

Elle est révisée au moins une fois par an, et chaque révision est datée en tête de document. Elle est complétée par notre méthodologie, notre politique de corrections et notre charte d’utilisation de l’intelligence artificielle.

Qui décide

La responsabilité éditoriale finale appartient à la direction de la publication, qui rend compte au conseil d’administration de BETO et, devant la loi, au tribunal compétent de la République démocratique du Congo.

La rédactrice ou le rédacteur en chef arbitre au quotidien les sujets, leur traitement et leur publication. Les chefs de pôle (Actu, Fond, Culture, Vérité) animent leurs équipes et garantissent la qualité éditoriale à leur niveau. L’organigramme à jour est publié sur la page Équipe.

Aucune personne extérieure à la rédaction — actionnaire, annonceur, partenaire, source — ne dispose d’un droit de regard préalable sur ce que nous publions. Lorsque ce principe est mis sous pression, nous le mentionnons publiquement.

Indépendance

Nous publions ce qui nous semble juste et vérifié, indépendamment des intérêts économiques de BETO et des préférences personnelles des journalistes.

Sur les conflits d’intérêts : tout journaliste de BETO doit signaler à sa hiérarchie une situation qui pourrait raisonnablement faire douter de son impartialité sur un sujet : lien familial, financier, professionnel ou amical avec une partie au dossier. La rédaction décide alors si la signature reste sur l’article, si l’article est repris par un·e autre journaliste, ou si une mention de transparence est ajoutée en pied d’article.

Sur les cadeaux et invitations : les journalistes de BETO n’acceptent pas d’invitation, de cadeau ou d’avantage d’une valeur supérieure à 50 USD de la part d’une source ou d’une institution qu’ils sont susceptibles de couvrir, sauf si cet avantage est documenté en pied d’article. Les voyages de presse pris en charge par une institution sont déclarés publiquement, et ne déterminent pas l’angle de l’article qui en résulte.

Sur les annonceurs et partenaires commerciaux : les contenus publicitaires sont clairement signalés comme tels — bandeau, mention « contenu sponsorisé », visuel distinct. Aucun annonceur ni partenaire ne dispose d’un droit de regard sur les articles éditoriaux qui touchent à son secteur. En cas d’enquête de BETO impliquant un annonceur, l’annonceur est traité comme tout autre sujet d’enquête, et la relation commerciale est mentionnée à l’intérieur de l’article au titre de la transparence.

Traitement équitable des acteurs politiques

Nous couvrons l’ensemble des forces politiques de la République démocratique du Congo selon une même méthode, quelle que soit leur orientation. La présidence Tshisekedi, l’opposition Katumbi, le clan Kabila, les partis et coalitions de l’Assemblée nationale et du Sénat, les institutions provinciales et locales : aucune n’est par principe exemptée de notre examen, et aucune n’est par principe ciblée.

Concrètement, quand nous travaillons sur un acteur politique nommé, nous appliquons systématiquement :

Quand un acteur politique nous attaque publiquement pour ce que nous écrivons, nous répondons sur les faits, jamais sur la personne, et nous publions la réponse de l’intéressé in extenso si elle nous est adressée.

Sources et confidentialité

Sur les sources nommées : par défaut, nous nommons nos sources. Les attributions « selon une source proche du dossier », « selon un collaborateur de l’institution X » ne sont utilisées qu’en dernier recours, quand la sécurité, l’emploi ou la vie privée de la source seraient menacés par la nomination.

Sur la confidentialité des sources : quand nous accordons l’anonymat à une source, cet engagement est absolu. Il ne peut être levé par la direction de la publication, par un tribunal ou par une pression politique, sauf si la source elle-même nous y autorise expressément et par écrit. C’est la condition pour qu’une source nous parle demain.

Sur les documents : nous publions les documents originaux chaque fois que possible, dans une version lisible et téléchargeable, accompagnés de leur date et de leur origine. Si nous masquons un nom ou un détail, nous expliquons pourquoi.

Sur les sources intéressées : nous citons toujours, en pied d’article, lorsqu’une source d’information a un intérêt économique ou politique direct dans la situation décrite (lobbyiste, communicant, conseil rémunéré).

Nous ne payons pas les sources d’information. Les contributeurs payés (tribuniciens, chroniqueurs, pigistes) sont identifiés comme tels.

Intelligence artificielle

Notre approche de l’intelligence artificielle dans la chaîne éditoriale fait l’objet d’un document distinct : Charte d’utilisation de l’intelligence artificielle. Elle énonce ce que nous faisons avec l’IA (transcription, recherche documentaire, traduction de sources, visualisations) et ce que nous ne faisons pas (article généré et signé, image qui prétend représenter une scène réelle, propos fictifs attribués à une personne réelle).

Tout article ou visuel qui contient un élément significativement produit par une IA est signalé par une mention en pied d’article.

Vie privée, mineurs, populations vulnérables

Nous ne publions pas l’identité ni l’image d’un·e mineur·e impliqué·e dans un fait divers, une procédure judiciaire ou une situation de vulnérabilité — sauf accord explicite, écrit, des parents ou tuteurs, et seulement si l’identification sert un intérêt public manifeste.

Nous accordons une attention particulière aux populations en situation de vulnérabilité : déplacés internes, victimes de violences sexuelles, malades graves, demandeurs d’asile. Leur consentement à figurer dans nos contenus doit être explicite, documenté, et révocable.

Nous ne publions pas de photographies de corps identifiables de victimes d’attentat, de crash ou de conflit armé. Nous ne publions pas de noms de victimes avant que leur famille ait été informée.

Diversité de la couverture

BETO documente la République démocratique du Congo dans son entier — les 26 provinces, les diasporas, les générations, les langues. Nous ne réduisons pas le Congo à Kinshasa, ni la politique congolaise au seul jeu présidentiel, ni l’économie aux seules industries extractives. Nous publions activement des contenus consacrés aux régions sous-représentées dans la couverture nationale habituelle, à la jeunesse, aux femmes en responsabilité, aux mondes culturels qui ne font pas habituellement la une.

Nous mesurons annuellement la diversité géographique, démographique et thématique de notre couverture et nous publions le bilan dans notre rapport de transparence (voir section suivante).

Engagements vérifiables

Nous mesurons notre travail sur des engagements simples :

Nous écrire

Pour signaler une erreur, un manquement à cette charte, ou une situation qui vous semble problématique : redaction@beto.cd

Pour un droit de réponse : corrections@beto.cd avec « Droit de réponse » en objet (voir page Corrections pour la procédure).

Pour soumettre une vérification : verite@beto.cd ou via le formulaire BETO Vérité.

Pour la presse et les partenariats institutionnels : presse@beto.cd


Texte adopté par la rédaction de BETO le 30 juin 2026. Ce document est librement reproductible en intégralité, à condition d’en indiquer la source et la date de version.