Manifeste — 30 juin 2026
Le Manifeste BETO — Le Congo, à nos mots
Le Congo, à nos mots.
Le 30 juin 1960, à Kinshasa — qui s’appelait alors Léopoldville —, un pays a pris la parole. Il l’a fait dans une langue qui n’était pas tout à fait la sienne, devant un monde qui ne s’attendait pas à l’entendre, et il a dit, en substance, qu’à partir de ce jour, il se raconterait lui-même.
Soixante-six ans plus tard, nous franchissons un nouveau cap pour BETO.
Nous ne prétendons pas être à la hauteur de cette date. Personne ne l’est. Mais nous pensons qu’un média congolais qui se remet en chantier pour mieux servir son public a sa place, ce jour-là, dans la conversation. C’est pour cela que nous avons choisi de basculer en production aujourd’hui, et pas un autre jour.
D’où nous venons
BETO n’apparaît pas. BETO continue.
Depuis 2014, sous le nom de Politico.cd, notre rédaction a couvert la vie politique, économique et sociale du Congo. Nous l’avons fait avec les moyens d’un média numérique indépendant, c’est-à-dire à la fois trop peu et juste assez. Nous y avons gagné une réputation de sérieux, une équipe aguerrie, un réseau de sources, et — ce qui compte plus que tout — la confiance d’un lectorat qui nous a accompagnés.
Cette histoire ne s’arrête pas ce 30 juin. Elle change de nom et d’envergure. Elle ne change pas d’âme.
Politico.cd reste accessible, ses articles sont conservés, ses adresses fonctionnent. Toute personne qui nous lisait hier nous retrouve aujourd’hui. Nous avons simplement décidé que le nom Politico.cd était devenu trop étroit pour ce que nous voulons faire désormais, et que le mot BETO — qui veut dire « nous » en lingala — disait mieux ce que nous sommes en train de devenir.
Ce que nous voulons faire
La vie politique reste au cœur de ce que nous couvrons. Mais le Congo, en 2026, ne se laisse plus raconter par le seul prisme politique. Il y a une économie qui se transforme, une jeunesse qui invente sa langue, une culture qui s’exporte, des territoires de plus en plus éloignés des récits nationaux dominants, et une masse de désinformation qui circule plus vite que les rédactions.
BETO se déploie autour de trois univers, distincts mais reliés :
S’informer. L’actualité, en temps réel quand il le faut, avec rigueur toujours. Politique, économie, société, sports, monde. Nos formats vont de la brève à l’enquête, de l’alerte à la couverture en direct des grands rendez-vous nationaux.
S’éduquer. Comprendre n’est pas un luxe. Nous publions des analyses, des grandes enquêtes, des dossiers de fond, des séries longues, et une cellule de fact-checking — BETO Vérité — à laquelle vous pouvez nous-mêmes soumettre les allégations que vous voyez circuler, et que nous nous engageons à examiner selon un protocole public.
S’inspirer. Le Congo qui crée, le Congo qui entreprend, le Congo qui se raconte. Culture, arts, portraits, récits de société, lifestyle. Nous croyons qu’une rédaction sérieuse a le droit, et même le devoir, de prendre au sérieux ce qui fait la vie quotidienne autant que ce qui fait les unes.
Ces trois univers ne s’excluent pas : un reportage politique peut s’informer et éduquer en même temps. C’est dans cette manière de tenir ensemble des registres habituellement séparés que nous voulons travailler.
Comment nous le ferons
Nous publions désormais selon dix-huit formats narratifs — du live à l’analyse longue, du podcast à la story mobile, de l’interview au data-journalisme. Nous organisons nos sujets autour de douze programmes éditoriaux dont chacun a son nom, son équipe et sa promesse : POLITICO pour la politique, ECONOMICO pour l’économie, BETO TERRAIN pour le reportage, VIJANA pour la jeunesse, CONGO PANTHÉON pour l’histoire, ROUTES DU CONGO pour les territoires, DÉSINTOX pour le fact-checking, et d’autres encore.
Nous avons aussi reconstruit notre infrastructure technique de A à Z. Le site que vous lisez se charge, sur un téléphone de gamme moyenne en réseau congolais, plus vite que ceux des grandes maisons internationales. Nous ne disons pas cela pour nous vanter — nous le disons parce que c’est devenu possible, et qu’aucun média congolais ne devrait plus se résigner à proposer une expérience dégradée à son public.
Ce que nous nous engageons à ne pas faire
Nous publions, en même temps que ce manifeste, trois textes que vous pouvez nous opposer à tout moment : notre charte éditoriale, notre charte d’utilisation de l’intelligence artificielle, et notre politique de corrections. Nous y disons à quoi nous tenons, ce que nous publions et ce que nous ne publions pas, comment nous utilisons les outils dont nous disposons, et ce que nous faisons quand nous nous trompons — parce qu’il nous arrivera de nous tromper.
Nous nous engageons à corriger nos erreurs publiquement plutôt que silencieusement. Nous nous engageons à signaler le recours à l’IA dans la production éditoriale chaque fois qu’il a lieu. Nous nous engageons à protéger nos sources, à ne pas nous laisser instrumentaliser, et à publier les éléments factuels qui dérangent quelle que soit la couleur politique qu’ils dérangent.
Ce que nous vous demandons
Lisez-nous. Critiquez-nous. Soumettez-nous les allégations que vous voyez passer et qui vous semblent douteuses. Écrivez-nous quand nous nous trompons, et écrivez-nous quand quelque chose vous semble juste — la deuxième est plus rare et nous en avons besoin pour avancer.
Nous sommes une rédaction congolaise. Nous écrivons depuis Kinshasa, pour Kinshasa, pour les provinces, pour la diaspora, et pour quiconque, ailleurs, voudra comprendre ce qui se passe ici à partir d’une source qui vit ici.
Le 30 juin 1960, le Congo a pris la parole.
Le 30 juin 2026, nous la prolongeons.
Tozali awa. Tokokoba. Nous sommes là. Nous continuons.
— La rédaction de BETO, anciennement Politico.cd. Kinshasa, 30 juin 2026.