Burundi : plus de 20 000 réfugiés congolais enregistrés, selon ONPRA
Les réfugiés congolais au centre de Gatumba à Burundi. Photo : SOS Médias Burundi montre une réfugiée congolaise prépare du fufu en plein air
AFP
Le Burundi fait face à un afflux de réfugiés congolais après la chute d’Uvira aux mains du M23. Selon l’Office national pour la protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA), cité par le média burundais SOS Médias Burundi, 20 001 personnes ont déjà été enregistrées. Mais le nombre réel pourrait être deux fois plus élevé, préviennent les autorités.
« Le nombre réel est bien supérieur à nos chiffres officiels », alerte Richard Uwimana, coordinateur à l’ONPRA, cité par le média burundais SOS Médias Burundi. « Certaines zones ne sont pas encore couvertes par nos équipes. »
Selon les informations rapportées par ce média burundais SOS Médias Burundi, à Gatumba, à cinq kilomètres seulement de la frontière avec Uvira, les arrivées se succèdent sans arrêt. Un centre d’accueil d’urgence a été installé dans un camp de la Police nationale du Burundi (PNB).
Des images publiées par SOS Médias Burundi montrent des policiers burundais encadrant des familles congolaises, installées en urgence dans des conditions extrêmement précaires.
Parmi les arrivants, non seulement des civils, mais aussi des soldats FARDC et des miliciens Wazalendo, mêlés au flot de déplacés.
Dans ce centre de Gatumba qui est déjà saturé, les réfugiés vivent dans des conditions très difficiles. Ils manquent la nourriture insuffisante, soins médicaux limités, hébergement rudimentaire, nombreux hommes dormant à la belle étoile, et risques sanitaires en hausse.
Malgré la situation, plusieurs réfugiés disent être reconnaissants envers le Burundi, qui leur offre une protection immédiate.
Les organisations humanitaires demandent une mobilisation urgente : l’afflux continue et les capacités d’accueil sont déjà dépassées.
La prise d’Uvira par le M23, dans la nuit du 9 décembre, a bouleversé l’équilibre sécuritaire dans la région. La ville n’est qu’à quelques kilomètres de Bujumbura, où se trouvent les principales agences des Nations-Unies.
Depuis trois décennies, l’est de la RDC est secoué par des conflits à répétition. Le M23, réactivé en 2021, contrôle aujourd’hui plusieurs localités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Kinshasa accuse Kigali de soutenir le mouvement. Le Rwanda dénonce, lui, l’appui présumé de la RDC et du Burundi aux FDLR, un groupe hutu rwandais issu du génocide de 1994.
Pour rappel, le 4 décembre dernier, sous médiation américaine, un accord a été signé entre la RDC et le Rwanda, avec le Burundi représenté par le président Évariste Ndayishimiye comme observateur.
Christian Okende