Politique Le centre-ventre de Kambinga

Le centre-ventre de Kambinga

Après s'être fait surnommer "Le Macron congolais", Germain Kambinga lance une plateforme politique dénommée "Le Centre", qui sonne creux comme un bruit abdominal en quête d'alimentation. 

La Rédaction
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29 août 2017 à 13h48
Le centre-ventre de Kambinga
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08 décembre 2016, nous sommes au pays du professeur Kin-Kiey Mulumba. Xavier Monnier, contributeur au journal Le Monde dans sa version africaine, découvre la ténacité naturelle du lectorat congolais. Comme péché originel, le journaliste a simplement qualifié Germain Kambinga, alors  ministre de l’industrie, de « Macron congolais ».  Evidemment, dans un pays où personne ne reconnaît la valeur de l’autre, la surenchère est vécue comme une transgression passible de peine capitale. On y réclame dès lors le bûcher pour Monsieur Monnier. Car, loin de là, le dissident du parti de Jean-Pierre Bemba – opposant emprisonné par la CPI et qui jouit d’une popularité toujours aussi intacte auprès des congolais – n’est nullement considéré comme Emmanuel Macron.

En effet, les réalités sont bien différentes. Macron est porté, à cette époque, par un vent nouveau qui veut que le peuple renverse l’ordre politique établi, afin de destituer un pouvoir public corrompu et détenu depuis des années par une élite dont la morale avoisine dangereusement celle de la femme prostituée avant de rencontrer le Christ Jésus. Avec son « En Marche! », Emmanuel Macron est alors une valeur sûre du renouveau politique tant en France qu’à travers le monde.

Ainsi, Kambinga, qui n’a de qualité que sa diction, qui ne battrait toutefois pas celle d’Olivier Kamitatu, est alors perçu comme un « opportuniste », à l’image d’une classe politique qu’Emmanuel Macron souhaite renvoyer à l’hypogée. L’homme, en pactisant avec Kabila, en traînant en plus avec un certain Yves Kisombe – on se passe de commentaire – n’a rien fait pour se dissocier de ce jugement certes par défaut.

Huit mois après, Germain Kambinga est toujours là, à faire son Macron. Malgré un scandale sexuel faussement attribué à sa personne, l’homme est à la tête du parti « Liberté » – il ne manque plus que Fraternité et Egalité: la France sort de ce corps.  Le 25 août, il crée « LE CENTRE »: coalition politique qui veut échapper à tous les deux camps en opposition dans la lutte au pouvoir au Congo, l’approche par le milieu.

Problème: on ne peut pas vraiment être centriste au Congo. Pire, la France dans la peau, l’homme oublie finalement qu’il fait ses courses non chez Macron, mais chez Hervé Morin, l’homme du centre français, né en août 1961, mais qui a un jour affirmé avoir vécu le débarquement de Normandie en 1944; bref une autre histoire.

Germain Kambinga aurait pu néanmoins être un vrai centriste pour avoir copié d’un peu partout afin de se calquer à la réalité congolaise. Une réalité qui veut que sa coalition se nomme finalement « LE VENTRE ». Tiré des réseaux sociaux, qui voient en lui, un politicien de plus, musardant un ventre vide, avide de poste ministériel depuis son court passage à celui de l’Industrie et qui ne peut à présent plus retourner à la vie normale.

Car, au fond, c’est aussi et surtout cela le débat: à quoi sert une coalition politique du centre, dans un pays où le milieu n’existe pas, dirigée par un homme qui soutient bec et ongle le président Kabila? Par ailleurs, nous vivons dans un pays défiant toute classification occidentale de pensée politique. L’autre problème, c’est aussi et surtout la promesse émise par la nouvelle plateforme: sortir le pays de la crise politique. Comme si mal congolais pouvait être traité par ceux-là même qui l’on cultivé. Le ventre, le centre-ventre de Kambinga existe néanmoins, en attendant qu’un vrai « Macron Congolais » ne mette un terme à tout ceci. Il est où le Monsieur de l’Angola…. suivez mon regard!

Litsani Choukran
Le Fondé.

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