Sécurité & Défense Est de la RDC : Kinshasa dénonce une « transplantation » de populations rwandaises

Est de la RDC : Kinshasa dénonce une « transplantation » de populations rwandaises

Une séance du Conseil de sécurité des Nations unies à New York.

United Nations Security Council members vote on a resolution about Yemen's security at UN Headquarters in the Manhattan borough of New York City, New York, U.S., December 21, 2018. REUTERS/Carlo Allegri
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 30 SEPTEMBRE 2026 - 09:18 WAT · 4 min de lecture

La République démocratique du Congo a alerté, mardi 29 septembre, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, sur ce qu’elle présente comme une modification de la réalité administrative, territoriale et démographique dans les zones de l’Est du pays contrôlées par l’AFC/M23.

Intervenant lors de la séance consacrée à la situation en RDC, le représentant permanent de la RDC auprès des Nations unies, Zénon Mukongo Ngay, a attiré l’attention du Conseil sur la gestion des territoires échappant au contrôle de Kinshasa. Il a notamment dénoncé une « gestion administrative, territoriale et démographique criminelle » de ces zones.

Selon la délégation congolaise, des informations font état de déplacements et d’installations de populations rwandaises dans certaines localités congolaises vidées de leurs habitants à la suite des violences dans l’Est du pays.

Kinshasa estime qu’une telle évolution, si elle est confirmée, pourrait entraîner une modification forcée de la composition démographique de ces territoires et constituer un facteur supplémentaire d’aggravation du conflit.

La RDC a, dans ce contexte, demandé aux mécanismes compétents des Nations unies d’examiner ces informations avec rigueur. Elle a également encouragé le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à renforcer la coordination du rapatriement volontaire, sûr et digne des réfugiés dans le cadre de la coopération tripartite entre la RDC, le HCR et le Rwanda.

Kinshasa a également lié cette question à l’installation d’administrations parallèles dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23. La délégation congolaise a rappelé que la résolution 2773 du Conseil de sécurité condamne l’établissement de telles structures et a demandé qu’aucune administration ne se substitue aux institutions de la République.

Dans son intervention, Zénon Mukongo Ngay a par ailleurs mis en avant la participation de la RDC aux différents processus diplomatiques engagés pour tenter de mettre fin au conflit dans l’Est du pays.

Kinshasa a notamment évoqué le processus de Doha ainsi que les premières missions du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+) à Minembwe, dans le Sud-Kivu, et à Masisi, dans le Nord-Kivu.

La délégation congolaise a également porté devant le Conseil de sécurité l’incident survenu le 28 septembre à Pinga, dans le territoire de Walikale. Kinshasa accuse les Forces de défense rwandaises d’avoir mené une frappe de drone contre une position congolaise, faisant, selon son bilan, cinq morts et huit blessés graves.

La RDC affirme que cette frappe est intervenue alors que les forces congolaises préparaient une opération de neutralisation des FDLR. Elle a demandé au Conseil de sécurité de faire vérifier les faits et de condamner toute violation du cessez-le-feu.

Kinshasa a réitéré sa demande de suspension de toute nouvelle participation, de tout déploiement ou de toute rotation de contingents rwandais dans les opérations de maintien de la paix des Nations unies, jusqu’au retrait vérifié des forces rwandaises du territoire congolais.

Pour soutenir cette demande, Zénon Mukongo Ngay s’est appuyé sur la résolution 2773, adoptée à l’unanimité le 21 février 2025. Le texte exige notamment la cessation des hostilités par le M23 et son retrait des zones qu’il contrôle. Il demande également aux Forces de défense rwandaises de cesser leur soutien au mouvement et de se retirer du territoire congolais sans conditions préalables.

« Force est de constater que ces obligations demeurent largement inexécutées par Kigali », a déclaré le diplomate congolais.

« Le Conseil ne peut tolérer, dans ses opérations de maintien de la paix, des membres qui agissent simultanément en pompiers et en pyromanes », a-t-il ajouté, estimant que l’application de ses décisions engage « l’autorité même de ce Conseil et la crédibilité de ses décisions ».

Christian T. ÉZÉCHIEL

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