Récit + données · source État
Le 27 juin, Lubumbashi ouvre le bal
Quarante-huit heures après la dernière épreuve écrite, l’État publie la première vague de résultats de la 59e édition. Haut-Katanga 1 en fait partie, et sa capitale bascule dans la fête.
Le samedi 27 juin 2026, au terme des travaux du Jury de délibération supervisé par la ministre d’État Raïssa Malu Dinanga, le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté rend publics les premiers résultats de l’examen d’État. Quatre provinces éducationnelles ouvrent la proclamation, Kinshasa-Tshangu, Haut-Katanga 1, Kasaï-Oriental 1 et Kasaï-Oriental 2. Le ministère y publie les tableaux des meilleurs lauréats par option et par établissement, sans nommer aucun élève.
À Lubumbashi, la nouvelle se propage en quelques minutes. « Poudre sur la tête, sifflets et vuvuzelas en main, ils ont envahi les principales artères de la ville », rapporte le correspondant d’Infos27. Au Terminus Kaleja, dans le quartier Bel-Air 2 de la commune de Kampemba, des finalistes reçus lancent en chœur le même adieu à l’uniforme scolaire.
« Nous disons au revoir au bleu-blanc, cap sur l’université ! »
Des lauréats de Haut-Katanga 1, Terminus Kaleja, Lubumbashi, le 28 juin 2026. Source Infos27.
Ce verdict clôt une session commencée bien plus tôt. La dissertation s’était tenue dès le 4 mai, les épreuves écrites du lundi 22 au jeudi 25 juin, quatre jours durant. Et c’est précisément à Lubumbashi, au Lycée Tuendelee, que Raïssa Malu avait donné le 22 juin le coup d’envoi national de l’édition. La ministre a revendiqué un calendrier record.
« 48h après la fin de l’Examen d’État 2026, les premiers résultats ont été publiés. Un délai inédit pour notre système éducatif. »
Raïssa Malu Dinanga, ministre d’État à l’Éducation nationale, dans la nuit du 27 au 28 juin. Source BETO.
91 971 candidats, la plus grande province du pays
Haut-Katanga 1 aligne à elle seule le plus gros contingent de finalistes de la République, loin devant les provinces de Kinshasa.
Selon le décompte du Centre national d’organisation des examens, arrêté au 22 juin, la province éducationnelle de Lubumbashi compte 91 971 candidats au cycle long. C’est, de loin, la première province du pays par le nombre d’inscrits, un poids que BETO relie au poids démographique et minier du Sud-Est. La deuxième, Kinshasa-Lukunga, en aligne 48 872, soit près de deux fois moins.
Rapporté à l’ensemble national, le trait est frappant. Le cycle long de la 59e édition rassemble 1 082 742 candidats. À elle seule, Haut-Katanga 1 en pèse donc environ 8,5 %, soit près d’un finaliste sur douze du pays entier, sur une seule province éducationnelle.
89 %, le plus haut score de toute la vague
La province la plus peuplée n’est pas seulement la plus nombreuse. Elle signe aussi la meilleure performance de la première vague, toutes provinces confondues.
Dans son palmarès, le Jury donne les meilleurs pourcentages par option et par établissement. Haut-Katanga 1 place la barre à 89 %, atteinte en Sciences par trois établissements à égalité, le Complexe scolaire L’Âge d’Or 2, l’Institut Kitumaini 1 et le Complexe scolaire Galaxie, et en Pédagogie générale par l’Institut Imani. Aucun autre pool de cette vague ne fait mieux : Kinshasa-Tshangu culmine à 88 % en Latin-Philosophie, le Kasaï-Oriental 2 à 75 % et le Kasaï-Oriental 1 à 73 %.
Ce résultat, le Jury le porte au crédit d’une organisation qu’il juge exemplaire. Dans son communiqué, l’Inspecteur général et Chef de Corps insiste sur la machine mise en place plutôt que sur les copies elles-mêmes.
« Le Jury s’est félicité de la qualité de l’organisation de cette 59ème édition, marquée par un dispositif de correction moderne, rigoureux et sécurisé, garantissant la rapidité, la fiabilité et la transparence des résultats. »
Hubert Kimbonza Sefu, Inspecteur général et Chef de Corps, communiqué du Jury. Source BETO.
Des copies corrigées au scanner, à Lubumbashi
Si les résultats sont tombés si vite, c’est en partie dans un bâtiment neuf de Lubumbashi. Haut-Katanga 1 corrige désormais ses copies sur place, à la machine.
Le 22 juin, après avoir lancé la session au Lycée Tuendelee, Raïssa Malu a inauguré le nouveau bâtiment du centre provincial de scannage, baptisé « Centre de scannage Raïssa Malu Dinanga ». Il abrite une salle de dépouillement, une salle de scannage, une salle de contrôle, une salle des serveurs et des bureaux de supervision. L’inspecteur principal provincial en a détaillé la capacité.
« Nous disposons de cinq scanners capables de traiter chacun jusqu’à 403 copies en trois minutes. »
Jean-Pierre Kokumbo Egba, inspecteur principal provincial de Haut-Katanga 1. Source BETO.
Le bâtiment a été livré en cinq mois, selon le directeur provincial de l’Éducation nationale. Il inscrit Lubumbashi dans un réseau qui s’élargit : en 2026, sept centres de scannage sont opérationnels dans le pays, trois historiques (Kinshasa, Lubumbashi, Mbuji-Mayi) et quatre nouveaux (Gemena, Kisangani, Butembo, Tshikapa). Cette décentralisation réduit la dépendance à l’unique centre national de Kinshasa et rapproche la correction des candidats.
La province avait servi de laboratoire. Dès 2025, une phase pilote menée dans le Haut-Katanga, appuyée par le logiciel « S Note Manager », avait permis de publier les résultats trois jours seulement après les épreuves, une avance saluée par le président Félix Tshisekedi lors de son adresse à la Nation en décembre 2025. Cette année, l’ensemble du dispositif a ramené le délai national à quarante-huit heures.
La percée des filles, nationale d’abord
L’édition 2026 compte plus de filles que jamais. La progression se mesure à l’échelle du pays, et Haut-Katanga 1 présente une particularité de composition.
Sur l’ensemble du cycle long, les filles sont 483 842, soit 44,6 % des candidats, contre 42,9 % en 2025. Près de deux points gagnés en un an, ce que Raïssa Malu a résumé d’un chiffre au lancement de la session à Lubumbashi.
« Les filles sont 20 075 de plus cette année. Leur proportion passe de 42,9 % à 44,7 %. »
Raïssa Malu Dinanga, au lancement de la session, Lubumbashi. Source BETO.
Haut-Katanga 1 se distingue sur un autre plan. Les chiffres bruts du lancement provincial font état d’environ 43 556 filles sur 85 908 candidats, soit une majorité de filles, autour de 50,7 %. Un calcul, pas un pourcentage officiel : l’État n’a pas publié la part féminine province par province, et deux décomptes de filles coexistent, à vingt candidates près.
Le palmarès publié de Haut-Katanga 1
Voici les meilleurs scores par option et par établissement, tels que l’État les a rendus publics pour la province, sans nom d’élève.
| Option | Meilleur score | Établissement(s) |
|---|---|---|
| Sciences | 89 % | CS L’Âge d’Or 2, Institut Kitumaini 1, CS Galaxie Trois établissements à égalité en tête. |
| Pédagogie générale | 89 % | Institut Imani |
| Autres options | n. p. | Non communiqué Le communiqué ne détaille pas les autres options de la province. |
| Province | Meilleur score | Option et établissement |
|---|---|---|
| Kinshasa-Tshangu | 88 % | Latin-Philosophie, Lycée Sainte Thérèse (3 lauréats) |
| Kasaï-Oriental 2 | 75 % | Pédagogie générale, Collège Saint Thomas |
| Kasaï-Oriental 1 | 73 % | Chimie industrielle, Institut Dibwa Dya Buakane |
La masse n’écrase pas l’excellence
La leçon de Haut-Katanga 1 tient dans une tension apparente. C’est la province éducationnelle la plus peuplée du pays, 91 971 candidats, près d’un finaliste sur douze à l’échelle nationale. Et c’est aussi celle qui inscrit le plus haut score de la première vague, 89 %, en Sciences comme en Pédagogie générale. Le volume n’a pas dilué la pointe.
Le palmarès dessine un autre trait, celui d’une élite scolaire partagée. En Sciences, trois établissements se tiennent à égalité au sommet ; en Pédagogie générale, l’Institut Imani prend la tête. Écoles de complexe, instituts, établissements confessionnels : la performance ne se concentre pas dans une seule maison, elle circule.
Reste ce qui a permis d’aller vite. En corrigeant ses copies sur place, au scanner, dans un centre livré en cinq mois, la province a incarné la modernisation revendiquée par le ministère, celle d’un délai national ramené à quarante-huit heures. Lubumbashi a servi de laboratoire à cette décentralisation, et la maire de la ville en a rappelé l’enjeu de fond.
« L’avenir de la ville de Lubumbashi et celui de la République démocratique du Congo se construisent dans les salles de classe, dans l’effort quotidien des enseignants et dans la discipline des élèves finalistes. »
Joyce Tunda, maire de Lubumbashi, au lancement de la session. Source BETO.
Une prudence, enfin, pour finir. Sans taux de réussite officiel, sans détail provincial sur la part des filles, ces meilleurs scores éclairent un sommet, pas une moyenne. BETO relaie ce que l’État a rendu public et en tire l’angle, sans combler les blancs par de l’estimation.