Fizi : seize combattants se rendent aux FARDC, l’administrateur évoque des discriminations dans la coalition
Seize hommes se sont rendus à l’armée mardi 27 octobre dans les hauts plateaux de Fizi, selon l’administrateur du territoire Samy Kalinji. Ils invoquent les conditions de vie et des discriminations entre combattants. L’autorité territoriale alerte en parallèle sur une coupure d’internet et des télécommunications qui paralyse l’économie et l’administration.
Fizi : seize combattants se rendent aux FARDC, l’administrateur évoque des discriminations dans la coalition
AFP
Seize combattants se sont rendus aux Forces armées de la République démocratique du Congo mardi 27 octobre 2026 dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu. L’information est donnée par l’administrateur du territoire, Samy Kalinji, et rapportée par le journaliste Daniel Michombero. Les seize hommes sont désormais sous la garde de l’armée.
L’administrateur décrit une situation générale relativement calme dans le territoire, où la population vaque à ses occupations, et indique que les FARDC poursuivent leurs opérations à Mikenge, Minembwe, Point Zéro, Mulima, Rugezi, Bikarakara et Kabanja. L’armée y est appuyée par les Wazalendo.
Les raisons avancées par les combattants
Selon les témoignages que l’administrateur rapporte, ces hommes expliquent leur reddition par les mauvaises conditions de vie au sein de la coalition armée et par des discriminations entre combattants, les éléments hutus étant selon eux défavorisés au profit des éléments tutsis. Ils accusent aussi certains combattants de piller les populations congolaises, les biens emportés étant ensuite acheminés vers le Rwanda.
Ces déclarations sont celles d’hommes qui se trouvent sous la garde des FARDC au moment où elles sont recueillies. BETO n’a pas pu les vérifier de façon indépendante.
Les groupes cités par l’administrateur
Samy Kalinji présente les reddus comme appartenant à des formations qu’il associe au Front pour la refondation de la nation de Joseph Kabila, ainsi qu’à plusieurs mouvements armés : Twirwaneho, le M23, Red Tabara et les FNL Zabampema. Il fait aussi état de la présence présumée de mercenaires kényans et somaliens. Cette composition est celle avancée par l’autorité territoriale.
Les redditions se succèdent dans les hauts plateaux. Dix-sept combattants s’étaient rendus le 6 octobre à Abala, Nyaruhinga et Kabanja, dont plusieurs âgés de 14 à 16 ans. Treize autres l’avaient fait le 26 août après une frappe de drone. Devant le Conseil des ministres du 23 octobre, le gouvernement décrivait un « RDF/AFC/M23 relooké » dans les trois provinces de l’Est.
Fizi privé d’internet et de télécommunications
L’administrateur alerte dans le même message sur la coupure des connexions internet et des télécommunications dans le territoire. Elle perturbe les activités économiques, les services de transfert d’argent et le fonctionnement de l’administration, dont les agents peinent à transmettre leurs rapports. Les organisations humanitaires présentes dans la zone rencontrent également des obstacles.
Ni la cause, ni la durée de cette coupure ne sont précisées. Fizi est un territoire où plus de vingt barrières et quinze cachots illégaux ont été démantelés le mois dernier sur le seul axe Fizi-Misisi.
Rédaction
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