En continu Ituri : plus de 3.100 civils se réfugient auprès de la MONUSCO après des combats à Djugu

Ituri : plus de 3.100 civils se réfugient auprès de la MONUSCO après des combats à Djugu

Ituri : plus de 3.100 civils se réfugient auprès de la MONUSCO après des combats à Djugu
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 28 SEPTEMBRE 2026 - 14:57 WAT · 3 min de lecture

Plus de 3.100 civils ont trouvé refuge auprès de la MONUSCO à Rhoo, dans le territoire de Djugu, après de violents affrontements survenus dans la soirée du dimanche 27 septembre dans les localités de Nyampala et Rhoo, en Ituri.

Les combats ont notamment opposé des éléments des groupes armés CODECO et Convention pour la révolution populaire (CRP) aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). La dégradation rapide de la situation sécuritaire a provoqué un mouvement de panique, y compris parmi les personnes déplacées installées sur le site de Rhoo.

Craignant pour leur vie, des milliers de civils, parmi lesquels des femmes, des enfants et des personnes âgées, se sont dirigés vers la base opérationnelle temporaire de la MONUSCO. Certains y ont passé la nuit, tandis que d’autres sont restés à proximité immédiate, sous la protection des Casques bleus bangladais.

« Nous voulons sauver notre peau, c’est pourquoi nous sommes venus auprès de la MONUSCO », a témoigné Vyanye Dirokpa, déplacé du site de Rhoo. Un autre habitant a déclaré : « N’eût été la présence de la MONUSCO ici, peut-être même que nous ne serions plus en vie. »

Selon la Mission onusienne, environ 3.100 civils, dont près de 1.600 femmes et 900 enfants, ont bénéficié de mesures de protection. Les Casques bleus ont sécurisé la zone, fourni un abri temporaire et renforcé leur présence autour du site, en coordination avec les autorités locales, les responsables communautaires et les FARDC.

Une assistance médicale d’urgence a également été apportée. Neuf personnes ont reçu des soins à la base de Rhoo, parmi lesquelles deux hommes blessés par balle, deux fillettes, un nourrisson de dix mois et quatre femmes.

Ce lundi 28 septembre au matin, la situation demeurait volatile. Des échanges de tirs étaient encore signalés jusqu’à Blukwa, à environ quatre kilomètres de Rhoo.

Des éléments présumés de la CODECO auraient également incendié plusieurs habitations dans le centre de Blukwa avant d’être repoussés par les Casques bleus, en coordination avec les FARDC.

Aucun bilan officiel des affrontements n’était encore disponible. Des sources locales font toutefois état de trois personnes déplacées et d’une quinzaine de combattants tués. Ces chiffres restent à confirmer par les autorités compétentes.

Parallèlement, une autre détérioration de la situation sécuritaire a été signalée lundi à Gina, à une trentaine de kilomètres au sud de Bunia, à la suite d’incidents impliquant les FARDC et des éléments de la CRP.

De nombreux civils ont alors cherché refuge devant la base de la MONUSCO. Les Casques bleus népalais ont renforcé leur dispositif et multiplié les patrouilles sur les axes Panga Panga, Risasi, Gina, Nyampala ainsi que sur la RN27.

Cette présence renforcée a permis d’observer des mouvements de retour de la population et une reprise progressive des activités commerciales dans certaines localités.

Face à cette nouvelle flambée de violences en Ituri, les autorités locales et les acteurs communautaires appellent les groupes armés à respecter leurs engagements en faveur de la cessation des hostilités et du cessez-le-feu.

Isaac Bin-Ngeve

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