La bataille FIFA des binationaux : ce que la RDC peut apprendre du Maroc et du Sénégal
Verrou FIFA, repérage dès les U13, rôle du vestiaire : enquête sur la bataille des binationaux que le Maroc et le Sénégal ont apprise à gagner, et le retard d'une RDC au vivier pourtant immense.
La bataille FIFA des binationaux : ce que la RDC peut apprendre du Maroc et du Sénégal
AFP
Chaque été, la RDC gagne et perd des joueurs sans qu’un ballon ne roule. Derrière les signatures en clubs se joue une autre compétition : celle des sélections nationales pour capter les binationaux formés en Europe. Une bataille que le Maroc et le Sénégal ont appris à gagner, et où les Léopards avancent encore en ordre dispersé.
Le cadre est fixé par la FIFA. Un joueur né ou d’origine congolaise, passé par les équipes de jeunes d’un pays européen, n’est pas lié définitivement tant qu’il n’a pas disputé de match officiel avec l’équipe A. Cette fenêtre, parfois ouverte jusqu’à un âge avancé, est le terrain de chasse des fédérations.
Le Maroc en a fait une science. Sa fédération travaille les dossiers « dès les catégories U13, U15 et U17 », multiplie les échanges avec les familles et propose un accompagnement reconnu en Europe. Résultat : les plus grands espoirs de la diaspora, en France, aux Pays-Bas, en Belgique ou en Italie, choisissent aujourd’hui très majoritairement le maillot marocain. Une stratégie qui a nourri l’ascension des Lions de l’Atlas.
Le Sénégal joue une autre carte : la confiance et le vestiaire. La fédération a bâti « un lien durable de confiance » avec les jeunes de la diaspora, et s’appuie sur ses internationaux, devenus ambassadeurs, pour convaincre les hésitants de rejoindre les Lions de la Teranga.
La RDC, elle, dispose d’un vivier parmi les plus riches d’Afrique, mais d’une stratégie encore balbutiante. L’été 2026 le montre : Manoel Verhaeghe et Cluver Sambi Mbungu ont choisi les catégories congolaises, Noah Mbamba est courtisé, mais Noah Sadiki, international confirmé, reste l’exception d’un talent solidement installé. Trop souvent, la fédération réagit au coup par coup, quand ses rivales anticipent.
L’enjeu dépasse le sport. Dans une diaspora congolaise nombreuse et bien formée, chaque binational gagné est un renfort pour les Léopards et un signal d’attractivité. À l’image du Maroc et du Sénégal, la RDC devra industrialiser sa prospection, du repérage précoce à l’accompagnement des familles, si elle veut cesser de voir filer ses enfants vers d’autres sélections. C’est tout le sens de sa démarche « Passeport léopard ».