Société Nord-Kivu : l’insécurité compromet l’autonomisation économique des femmes
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Nord-Kivu : l’insécurité compromet l’autonomisation économique des femmes

Nord-Kivu : l’insécurité compromet l’autonomisation économique des femmes
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 9 MARS 2026 - 15:43 WAT · 3 min de lecture

En ce 8 mars, Journée internationale des droits de la femme, le cri de ralliement dans l’est de la République démocratique du Congo ne se limite plus à la quête d’égalité : il s’agit désormais d’un appel à la survie. Au Nord-Kivu, l’insécurité chronique ne se contente pas d’ôter des vies ; elle agit comme un véritable rouleau compresseur qui anéantit, cycle après cycle, les efforts d’indépendance économique de milliers de femmes.

Le scénario se répète avec une cruauté implacable. Dans les villages de la province, de nombreuses femmes consacrent des années de travail à l’agriculture, au petit commerce ou à l’artisanat. Puis, en quelques heures, le chaos surgit. Des hommes armés pillent le bétail, incendient les habitations et détruisent les récoltes, transformant brutalement des actrices économiques en déplacées dépourvues de tout.

Si la résilience des femmes du Nord-Kivu est souvent saluée, elle se heurte aujourd’hui à une réalité implacable : chaque progrès est balayé par un nouveau cycle de violence. Celles qui fuient tentent de reconstruire ailleurs, mais l’ombre persistante du conflit finit toujours par les rattraper.

Cette instabilité permanente ne se contente pas de vider les greniers ; elle fragilise également les organisations engagées dans la promotion de l’autonomisation féminine. Emmanuella Vasikya, de l’organisation Action des Volontaires pour la Solidarité et le Développement (AVSD), évoque une frustration grandissante : « Tous les jours, avec les déplacements massifs, il devient difficile d’accompagner durablement les femmes. Nous travaillons à renforcer leurs capacités, mais après un mois, nous constatons qu’elles ont déjà été déplacées. Nous sommes découragées… Nous avons besoin de la paix. »

Pour ces organisations, former et accompagner les femmes devient un défi quasi sisyphéen : comment bâtir une autonomie durable lorsque le terrain sur lequel on construit se dérobe constamment sous les pieds des bénéficiaires ?

En ce 8 mars, le message des leaders féminines est clair : les discours sur le développement et l’autonomisation resteront lettre morte tant que les armes ne se tairont pas.

Dans une province où tout semble toujours à reconstruire, la paix n’est pas seulement une revendication politique. Elle constitue la condition indispensable pour que le fruit du travail des femmes ne soit plus anéanti du jour au lendemain. Pour le Nord-Kivu, l’urgence est donc évidente : permettre aux femmes de passer du statut de victimes permanentes à celui de véritables piliers d’une économie stable.

Azarias Mokonzi


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