Banques et finances RDC : Adolphe Muzito lance les arbitrages pour l’avant-projet de budget 2027

RDC : Adolphe Muzito lance les arbitrages pour l’avant-projet de budget 2027

RDC : Adolphe Muzito lance les arbitrages pour l’avant-projet de budget 2027
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 19 AOÛT 2026 - 14:43 WAT · 4 min de lecture

Le vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, a lancé, mardi 18 août 2026, les réunions d’arbitrage consacrées aux prévisions de recettes devant alimenter l’avant-projet de loi de finances pour l’exercice 2027. Ces travaux constituent une nouvelle étape dans le processus d’élaboration du prochain budget national, après les conférences de performance et les conférences budgétaires organisées en juillet dernier.

La première séance de travail, tenue dans son cabinet, a réuni plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres des Mines, de l’Environnement et des Postes, Télécommunications et Numérique, ainsi que des représentants des ministères du Portefeuille et des Transports. Les échanges ont principalement porté sur les moyens à mettre en œuvre pour améliorer la mobilisation des recettes intérieures et permettre à chaque secteur de contribuer davantage au financement de l’action publique.

Au cœur de cette démarche figure l’ambition du gouvernement de porter les recettes courantes à 18 milliards de dollars américains en 2027, contre une projection de 15,3 milliards USD en 2026. Cette trajectoire devrait s’accompagner d’une hausse de la pression fiscale, annoncée à 14 % en 2027, contre 12,5 % en 2026. À plus long terme, l’exécutif ambitionne d’atteindre 40 milliards USD de recettes courantes à l’horizon 2035.

Pour atteindre ces objectifs, Adolphe Muzito mise notamment sur l’élargissement de l’assiette fiscale, l’identification de nouvelles niches de recettes, l’amélioration du recouvrement des créances de l’État et une meilleure prise en compte du potentiel des secteurs minier, environnemental, agricole, des hydrocarbures et des transports. Le ministre a également insisté sur la nécessité de renforcer la traçabilité des flux financiers et d’améliorer la qualité des prévisions budgétaires.

Dans cette logique, le Trésor public devrait désormais prendre en charge les missions de contrôle sur le terrain. L’objectif est de renforcer le suivi des assujettis, de rapprocher les administrations des réalités économiques et de limiter les pertes de recettes.

Cette orientation a été saluée par le ministre des Mines, Louis Watum, qui estime que des moyens supplémentaires permettront aux services du secteur minier d’améliorer leur présence sur le terrain et de mieux lutter contre les fuites de recettes. Le secteur de l’Environnement figure également parmi les domaines appelés à accroître leur contribution aux finances publiques. Le gouvernement table sur une mobilisation de 300 milliards de francs congolais en 2027, notamment grâce au crédit carbone et à une meilleure valorisation économique des ressources naturelles.

Les Postes, Télécommunications et Numérique sont eux aussi appelés à dépasser leurs assignations, dans un contexte où le gouvernement entend davantage exploiter les nouvelles sources de revenus liées à l’économie numérique. Ces arbitrages interviennent dans un contexte particulier pour les finances publiques congolaises. Le budget 2027 doit en effet préparer la dernière étape avant l’entrée en vigueur effective du budget-programme, prévue le 1er janvier 2028.

Les conférences de performance organisées en juillet ont déjà permis d’examiner les projets annuels de performance qui accompagneront le futur projet de loi de finances. Cinquante-trois administrations sur les 57 attendues avaient participé à cet exercice.

Le gouvernement veut progressivement passer d’une logique principalement centrée sur les moyens et les dépenses à une gestion davantage orientée vers les résultats. Les administrations devront ainsi mieux établir le lien entre les crédits qui leur sont accordés, les objectifs fixés et les performances attendues.

Le principal défi reste toutefois de transformer les ambitions affichées en recettes effectivement mobilisées. Pour le ministère du Budget, la crédibilité du futur budget dépendra notamment de la qualité des prévisions, de l’efficacité du recouvrement, de la maîtrise des dépenses et du renforcement de la transparence dans la gestion des ressources publiques.

Gilbert N.

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