Climat et environnement RDC : la ministre Marie Nyange Ndambo appelle à passer d’une économie d’extraction à une économie de régénération forestière

RDC : la ministre Marie Nyange Ndambo appelle à passer d’une économie d’extraction à une économie de régénération forestière

RDC : la ministre Marie Nyange Ndambo appelle à passer d’une économie d’extraction à une économie de régénération forestière
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 21 MARS 2026 - 14:12 WAT · 3 min de lecture

À l’occasion de la Journée internationale des forêts 2026, célébrée ce samedi 21 mars autour du thème mondial « Les forêts et les économies », la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, la professeure Marie Nyange Ndambo, a livré un message solennel appelant à un profond changement de paradigme économique en République démocratique du Congo.

Forte de plus de 155 millions d’hectares de forêts tropicales, la RDC abrite le deuxième plus vaste massif forestier au monde, derrière l’Amazonie. Un capital naturel d’envergure planétaire que la ministre a tenu à rappeler avec force : « Cette forêt représente bien plus qu’une étendue d’arbres. Elle stocke des milliards de tonnes de carbone, agissant comme le premier poumon vert de la planète. »

Dans cette perspective, la professeure Ndambo plaide pour une rupture nette avec les modèles de développement fondés sur l’extraction des ressources. Elle appelle à « passer d’une économie d’extraction à une économie de régénération », plaçant le patrimoine forestier au cœur même de la survie humaine. Selon elle, la forêt ne peut plus être considérée comme un secteur périphérique : elle constitue désormais le socle stratégique de l’économie nationale.

Au-delà de son rôle de puits de carbone, la forêt congolaise remplit des fonctions essentielles : protection contre l’érosion des sols, régulation des cycles hydriques indispensables à l’agriculture, conservation d’une biodiversité exceptionnelle et soutien direct aux moyens de subsistance de millions de Congolais, en particulier les peuples autochtones. « Investir dans la forêt, ce n’est pas une dépense. C’est un investissement stratégique pour la vie. Chaque dollar investi est une assurance pour l’humanité », a insisté la ministre.

Dans cette dynamique, elle met en avant la bioéconomie forestière comme voie d’avenir : produire tout en préservant, structurer des filières durables et valoriser la régénération plutôt que l’épuisement des ressources. Ce modèle ambitionne de concilier restauration écologique, création d’emplois et développement local, tout en protégeant les services écosystémiques essentiels.

Malgré ce potentiel, la forêt congolaise reste sous pression, confrontée notamment à l’expansion agricole non maîtrisée, à l’exploitation illégale du bois et à une forte dépendance au bois-énergie. Pour y faire face, les autorités ont engagé plusieurs initiatives structurantes, dont le projet du Couloir Vert Kivu–Kinshasa, présenté comme un pilote de développement intégré associant restauration des paysages et opportunités économiques pour les communautés locales.

La Journée internationale des forêts 2026 aura ainsi servi de tribune pour réaffirmer l’engagement de la République démocratique du Congo en faveur d’un nouveau modèle économique durable, fondé sur la restauration des écosystèmes, la valorisation équitable des ressources naturelles et l’autonomisation des populations locales.

Albert Einstein M

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…