RDC-Rwanda : les États-Unis appellent à relancer le dialogue après l’échec du sommet de Luanda
RDC-Rwanda : les États-Unis appellent à relancer le dialogue après l’échec du sommet de Luanda
AFP
Les États-Unis ont lancé un appel pressant pour la reprise du dialogue régional entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, après l’annulation du sommet triangulaire sur la sécurité prévu le 15 décembre. Ce sommet, attendu avec espoir, devait réunir les dirigeants de la RDC, du Rwanda et de l’Ouganda sous l’égide du processus de Luanda afin d’apaiser les tensions croissantes dans l’Est du pays.
À travers une déclaration ferme au Conseil de sécurité des Nations unies, la représentante des États-Unis a regretté cet échec, soulignant qu’il constitue une « occasion manquée » pour avancer vers une paix durable. « Nous exhortons les dirigeants de la RDC et du Rwanda à se réunir à nouveau pour trouver des solutions sous la houlette de l’Ouganda », a-t-elle déclaré.
L’Est de la RDC reste confronté à des violences continues, exacerbées par les activités du M23, groupe armé soutenu par le Rwanda, selon plusieurs rapports d’experts de l’ONU. Les récentes avancées du M23 dans le Nord-Kivu témoignent de l’urgence d’une solution politique, alors que des milliers de civils continuent de fuir les combats et que la situation humanitaire se détériore.
Pour les États-Unis, la non-tenue du sommet de décembre constitue un frein majeur aux efforts diplomatiques en cours. Washington insiste sur l’importance de « renforcer le mécanisme de vérification ad hoc » mis en place par l’Angola, qui surveille le respect du cessez-le-feu conclu entre Kinshasa et Kigali en juillet dernier.
Depuis plusieurs mois, la RDC plaide pour que la communauté internationale reconnaisse le rôle déstabilisateur du Rwanda dans la crise actuelle. Les États-Unis, tout en appelant à la poursuite des discussions, ont rappelé que le soutien rwandais au M23 devait cesser immédiatement. « Nous devons prendre acte de la situation sur le terrain et agir pour protéger les populations civiles », a martelé la représentante américaine.
La détermination de Kinshasa
Du côté congolais, le gouvernement réaffirme sa détermination à défendre son territoire et à poursuivre les efforts diplomatiques pour mettre fin à l’insécurité. Kinshasa reste attachée au processus de Luanda tout en exigeant que les responsabilités soient clairement établies. « La RDC ne ménagera aucun effort pour restaurer la paix et protéger ses citoyens face à cette agression extérieure », a déclaré un responsable congolais sous couvert d’anonymat.
Les avancées diplomatiques obtenues ces derniers mois, notamment grâce à la médiation angolaise, demeurent fragiles. Les États-Unis appellent aujourd’hui les pays de la région à ne pas perdre de vue les progrès réalisés, tout en exhortant la RDC et le Rwanda à s’engager résolument dans le dialogue pour éviter une escalade supplémentaire.
Alors que les populations congolaises subissent les conséquences de cette crise sécuritaire, Kinshasa attend des partenaires régionaux et internationaux qu’ils redoublent d’efforts pour que justice, vérité et stabilité prévalent enfin dans l’Est du pays.
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