Politique RDC: un prêtre du diocèse de Mbuji-Mayi accuse Mgr Nshole et cardinal Ambongo « d’abuser » de l’audience des fidèles pour des « combines politiques » et l’apologie du tribalisme
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RDC: un prêtre du diocèse de Mbuji-Mayi accuse Mgr Nshole et cardinal Ambongo « d’abuser » de l’audience des fidèles pour des « combines politiques » et l’apologie du tribalisme

RDC: un prêtre du diocèse de Mbuji-Mayi accuse Mgr Nshole et cardinal Ambongo « d’abuser » de l’audience des fidèles pour des « combines politiques » et l’apologie du tribalisme
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 7 SEPTEMBRE 2023 - 17:45 WAT · 4 min de lecture

Au sein de l’église catholique, les opinions divergent sur le déroulement du processus électoral devant conduire aux scrutins prévus en décembre 2023. De la contestation des animateurs de la CENI à la méfiance du fichier électoral, les prêtres ne parlent pas le même langage.

Dans une correspondance adressée au bureau permanent de la CENCO et à la Nonciature apostolique, l’abbé Kabasele Lumbala François du diocèse de Mbuji-Mayi dans la province du Kasaï oriental, accuse « certains membres de la hiérarchie catholique » dont le Cardinal Fridolin Ambongo et Donatien Nshole de brader le « catholicisme contre les combines politiques ».

« Nous ne devons pas tolérer que le bureau permanent de la CENCO devienne une structure de contrôle du fonctionnement des institutions de la République, qu’il se mette à donner des leçons au Parlement comme si c’était un groupuscule d’ignares, qu’il se charge de juger les magistrats et de déterminer la marche de la CENI ! Un tel agissement est une insulte publique à nos institutions, même si ces dernières n’ont pas atteint leur vitesse de croisière », a argué ce prélat, professeur de son état.

Alors que le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) continue de remettre en cause « l’impartialité et l’indépendance » de la centrale électorale et ses animateurs, l’abbé Kabasele est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il a qualifié de « relent tribaliste » dans le chef de Donatien Nshole.

« Comment ne pas faire confiance à nos laïcs chrétiens, formés et compétents, qui œuvrent à la CENI et qui ont fait un rapport d’une centaine de pages sur un audit que l’institution avait confié à un organisme étranger? Serait-ce uniquement parce que le directeur de la CENI est d’origine de la même tribu qu’un des candidats à l’élection présidentielle ? C’est un scandale », a-t-il pesté.

« Il y aurait aussi à dénoncer des relents de tribalisme dans les propos du secrétaire général de la CENCO, quand il répand des rumeurs tribalistes discréditant les institutions de la République. Selon lui, la CENI serait prise en otage par une tribu de la République, celle de son président Kadima. C’est à se demander si, dans les prédictions de Mgr Nshole, il n’y aurait pas quelque scénario d’une réédition de multiples exodes luba depuis l’indépendance, scénario d’un retour au quota dans les universités et la fonction publique qui avait jadis amené plusieurs Luba à changer de noms et d’identité ethnique pour subsister? Le spectre de l’épuration ethnique de 1990 s’agite à nouveau, et ce n’est pas un rêve », a-t-il ajouté.

Pour appuyer ses accusations, ce prêtre rappelle qu’à travers les allégations relatives à la « vérité des urnes » clamées en chaire et réitérées, le cardinal Ambongo et Mgr Nshole ont banalisé le discours ainsi que la reprise des stéréotypes contre une tribu qui, dit-il est « un crime, car elle sème des germes d’une guerre civile et mine la cohésion d’une société ».

« Un pasteur chrétien ne sème jamais la haine, mais la paix et la communion; ses propos ne doivent pas faire le lit d’un éventuel leader courageux qui profiterait du chaos créé au pays en vue de prendre le pouvoir par les armes et de tirer son épingle du jeu politique. Les pasteurs doivent éviter d’opposer les tribus les unes aux autres », a soutenu l’abbé Kabasele, indiquant que Mgr Nshole et le Cardinal Ambongo abusent de l’audience des fidèles durant les célébrations et les assemblées pastorales pour répandre leurs opinions et choix politiques.

Toutefois, il a reconnu que ce n’est pas interdit à l’Eglise catholique, par sa hiérarchie ou ses laïcs, d’intervenir dans la gestion du pays conformément à sa doctrine sociale, le droit canonique et les documents conciliaires.

Carmel NDEO

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