Santé mentale : le Réseau Babel International plaide pour des cellules d’écoute dans les universités de Kinshasa
Santé mentale : le Réseau Babel International plaide pour des cellules d’écoute dans les universités de Kinshasa
AFP
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre de chaque année, l’ASBL Réseau Babel International (RBI), en collaboration avec « Ekosimba », a organisé une journée d’échanges avec des étudiants de plusieurs établissements universitaires de Kinshasa. L’objectif était de sensibiliser les jeunes aux problèmes de santé mentale et de promouvoir la mise en place de cellules d’écoute psychologique dans les universités.
Placée sous le thème « Mes études, ma santé mentale : mes priorités », cette rencontre a réuni notamment des étudiants de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) et de l’Institut supérieur pédagogique de la Gombe (ISP/Gombe), autour des difficultés psychologiques auxquelles les jeunes peuvent être confrontés durant leur parcours académique.
Intervenant à cette occasion, Alidor Muyaya, engagé dans l’encadrement de la jeunesse et ambassadeur de la santé mentale, a souligné que les difficultés psychologiques rencontrées par les étudiants ne se limitaient pas à la République démocratique du Congo, mais concernaient également ceux poursuivant leurs études à l’étranger.
« Nous avons estimé que les étudiants traversaient des choses tout à fait particulières, liées aux conditions que nous avons ici dans notre pays, mais pas seulement dans notre pays, même à l’étranger », a-t-il expliqué.
Pour illustrer ses propos, il a évoqué le cas d’une étudiante vivant au Canada qui aurait exprimé des intentions suicidaires et que son réseau affirme avoir accompagnée dans la recherche de solutions.
Au cours des échanges, plusieurs intervenants, dont la docteure Véronique Kayembe et le président des étudiants de l’Université de Kinshasa, Merdi Longonya, ont abordé les facteurs susceptibles de fragiliser la santé mentale des étudiants.
Parmi les difficultés évoquées figurent les échecs académiques, les déceptions amoureuses, les relations toxiques, les problèmes financiers, la précarité ainsi que certains comportements attribués à des enseignants.
Ces situations peuvent affecter l’estime de soi, perturber la concentration et compromettre les performances académiques. Les participants ont ainsi insisté sur la nécessité de briser le silence autour des troubles psychologiques, de lutter contre leur stigmatisation et de faciliter l’accès à un accompagnement adapté.
Face à ces défis, le Réseau Babel International préconise la création de cellules d’écoute psychologique au sein des établissements d’enseignement supérieur et universitaire.
Alidor Muyaya a notamment invité les représentants des étudiants à intégrer cette initiative dans leurs programmes d’action afin de permettre aux jeunes confrontés à des difficultés psychologiques de bénéficier d’un espace d’écoute et d’orientation.
« Lorsque vous êtes élus présidents de la coordination estudiantine, vous pouvez intégrer la cellule psychologique dans votre programme afin d’échanger avec des personnes qui sont victimes de la dépression », a-t-il recommandé.
Cette proposition vise à rapprocher les dispositifs d’accompagnement psychologique des étudiants et à les encourager à solliciter une aide appropriée lorsqu’ils rencontrent des difficultés.
Intervenant également lors de cette journée, le docteur Justin Zigabe a appelé les étudiants à renforcer leur résilience face aux épreuves de la vie universitaire, particulièrement aux échecs académiques.
« Rien ne peut leur ôter leurs valeurs et l’échec n’est pas une fatalité », a-t-il déclaré, exhortant les jeunes à ne pas considérer un mauvais résultat académique comme une raison de perdre espoir ou d’abandonner leurs études.
Selon lui, un échec peut constituer une occasion d’identifier ses lacunes, d’améliorer sa méthode de travail et de mieux se préparer aux prochaines évaluations.
Le docteur Zigabe a également évoqué les difficultés économiques des familles et certains comportements observés dans le milieu universitaire parmi les facteurs pouvant affecter le bien-être psychologique des étudiants. Il les a encouragés à persévérer dans leurs études tout en recherchant un accompagnement adapté aux difficultés rencontrées.
Le Réseau Babel International et « Ekosimba » veulent contribuer à une meilleure prise en compte de la santé mentale dans les établissements universitaires et encourager la création de mécanismes d’écoute et d’accompagnement accessibles aux étudiants.
Christian T. Ézéchiel
« On ne peut pas choisir entre la maladie et la faim » : à Bunia, la quarantaine Ebola contre le repas du soir
Kasindi : deux centres d’isolement ouverts à la frontière ougandaise, quinze jours après l’alerte du médecin chef de zone