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Soudan : armes chimiques, visa refusé, Washington met la pression sur al-Burhan

Soudan : armes chimiques, visa refusé, Washington met la pression sur al-Burhan
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 24 SEPTEMBRE 2026 - 14:37 WAT · 4 min de lecture

Les pressions internationales s’intensifient sur la direction de l’armée soudanaise, alors que les accusations d’utilisation d’armes chimiques reviennent au premier plan. Les Nations unies se disent prêtes à enquêter, sur fond de nouvelles tensions entre Khartoum et Washington après que le chef de l’armée, Abdel Fattah al-Burhan, n’a pas obtenu de visa pour participer aux réunions de l’Assemblée générale des Nations unies.

Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que l’organisation internationale était prête à enquêter sur les allégations d’utilisation d’armes chimiques par les forces armées soudanaises, à condition d’obtenir un mandat officiel. Cette position remet au centre des préoccupations l’un des dossiers les plus sensibles liés à la guerre qui ravage le Soudan.

La position de l’ONU intervient plusieurs mois après que les États-Unis ont affirmé être parvenus à la conclusion que le gouvernement soudanais avait utilisé des armes chimiques au cours de l’année 2024. Khartoum a rejeté ces accusations, affirmant ne disposer d’aucun programme d’armes chimiques et se disant disposé à accueillir des organismes internationaux pour vérifier ces allégations.

L’affaire a récemment connu un nouveau développement après la publication par le Washington Post d’une enquête s’appuyant sur des documents, des séquences vidéo et des messages qui, selon le quotidien américain, indiqueraient l’existence d’un programme secret de production et de stockage de munitions chimiques liées au chlore au sein de l’appareil militaire soudanais.

Euronews a également publié les résultats d’une enquête menée avec la contribution d’anciens responsables de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Celle-ci s’appuie notamment sur des témoignages et des informations faisant état d’attaques suivies de symptômes respiratoires, d’irritations oculaires et d’émanations inhabituelles.

Les experts cités estiment toutefois que les éléments actuellement disponibles ne permettent pas d’établir de manière catégorique l’utilisation d’armes chimiques. Ils considèrent néanmoins que les indices recueillis sont suffisamment sérieux pour justifier l’ouverture d’une enquête officielle et indépendante.

Parallèlement, Abdel Fattah al-Burhan fait face à un autre différend avec Washington. Reuters a rapporté que les États-Unis n’avaient toujours pas délivré le visa nécessaire à son déplacement à New York, poussant Khartoum à solliciter l’intervention des Nations unies.

Selon des sources citées par l’agence, la question du visa serait liée aux discussions autour d’une proposition américaine de cessez-le-feu de 90 jours. Cette situation s’inscrit ainsi dans les tractations diplomatiques autour de la guerre au Soudan, sans qu’un lien direct avec les accusations relatives aux armes chimiques ne soit établi.

Ces développements interviennent également dans un contexte de pressions américaines visant à étendre à l’ensemble du Soudan l’embargo sur les armes actuellement imposé au Darfour. De son côté, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a appelé à demander des comptes aux acteurs extérieurs qui alimentent le conflit par la fourniture d’armes et d’autres formes de soutien.

Une éventuelle enquête internationale devrait permettre de déterminer si des substances chimiques ont effectivement été utilisées, mais aussi d’en établir la provenance, les éventuels lieux de fabrication et de stockage ainsi que, le cas échéant, la chaîne de commandement impliquée.

Si l’utilisation d’armes chimiques venait à être établie, la question des responsabilités individuelles pourrait alors se poser, notamment pour déterminer si de hauts responsables militaires avaient connaissance d’un éventuel programme ou avaient participé à des décisions liées à son utilisation.

Dans l’hypothèse où des responsabilités individuelles seraient établies sur la base de preuves suffisantes, le dossier pourrait dépasser le cadre des sanctions et des pressions diplomatiques pour ouvrir la voie à des procédures de reddition de comptes devant les juridictions compétentes.

Entre les tensions autour du visa d’al-Burhan, les pressions en faveur d’un cessez-le-feu, les discussions sur l’extension de l’embargo sur les armes et les accusations relatives à l’utilisation d’agents chimiques, la direction de l’armée soudanaise fait face à une pression internationale accrue. Une enquête indépendante apparaît désormais essentielle pour établir les faits, départager les accusations des dénégations et déterminer d’éventuelles responsabilités.

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B
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