Soudan : les FSR annoncent une trêve humanitaire, le commandement de Port-Soudan sous pression
Soudan : les FSR annoncent une trêve humanitaire, le commandement de Port-Soudan sous pression
AFP
Le général Mohamed Hamdan Dagalo, alias Hemeti, chef des Forces de soutien rapide (FSR), a annoncé lundi une trêve humanitaire immédiate de trois mois, lors d’une allocution adressée au peuple soudanais. Ce cessez-le-feu unilatéral intervient en réponse directe à une initiative du président américain Donald Trump, soutenue par le Quartet (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, États-Unis et Royaume-Uni), ainsi que par l’IGAD et l’Union africaine.
Un appel à mettre fin à l’épuisement du peuple soudanais
Selon le communiqué des FSR, ce moment constitue « l’un des plus critiques » pour le pays, et exige responsabilité et courage. Les FSR soulignent que la guerre a profondément éprouvé les populations civiles et que mettre fin à l’effusion de sang est désormais un impératif national.
La déclaration détaille six engagements majeurs, dont : La proclamation d’une trêve humanitaire couvrant toutes les hostilités pendant trois mois; La protection des civils et la facilitation de l’acheminement de l’aide humanitaire; Un appel au Quartet pour faire pression sur l’armée soudanaise afin qu’elle accepte la cessation des hostilités.
Les FSR assurent également leur soutien total aux actions humanitaires : libre circulation du personnel, sécurisation des locaux et entrepôts, prise en charge médicale, et coopération avec les agences de l’ONU.
La déclaration approuve la création d’un dispositif de surveillance sur le terrain, placé sous la supervision du Quartet et de l’IGAD, afin de garantir la mise en œuvre de la trêve et l’arrivée de l’aide dans les zones touchées. Elle insiste aussi sur la nécessité de rendre publiques les conclusions des enquêtes relatives aux violations commises contre les civils, conformément aux lois nationale et internationale.
Les FSR conditionnent toutefois cette trêve à l’ouverture d’un processus politique global et équitable, excluant le « Mouvement islamique terroriste » et le Parti du Congrès national, accusés d’être responsables de décennies de souffrance pour les Soudanais.
Un dilemme pour Burhan
Aux yeux des observateurs, cette déclaration place le commandant de l’armée soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhan, dans une situation particulièrement délicate. Le cessez-le-feu unilatéral, accompagné de conditions jugées raisonnables par plusieurs experts internationaux, accroît la pression sur Port-Soudan, alors que la communauté internationale appelle à une désescalade.
Cette initiative intervient au lendemain d’un discours musclé de Burhan, dans lequel il a réitéré ses positions fermes : « ni négociation ni partenariat ». Pour les analystes, rejeter une trêve humanitaire soutenue par les États-Unis et plusieurs puissances régionales pourrait isoler davantage son camp sur la scène internationale.
Les FSR exhortent enfin la communauté internationale à : soutenir la trêve et participer au suivi de sa mise en œuvre, promouvoir des mesures de confiance, encourager un dialogue politique inclusif, et fournir une aide humanitaire urgente au Soudan.
Le groupe conclut en rappelant que les FSR sont « du peuple et avec le peuple », et qu’elles demeurent engagées sur la voie de la paix jusqu’à la fin du conflit.
Rédaction
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