Sud-Kivu : le gouvernement provincial annonce la découverte de deux fosses communes à Uvira et réclame une enquête internationale
Sud-Kivu : le gouvernement provincial annonce la découverte de deux fosses communes à Uvira et réclame une enquête internationale
AFP
Selon le gouvernorat, le gouverneur Jean-Jacques Purusi a immédiatement instruit les services compétents afin de sécuriser les sites, d’ouvrir des investigations et d’identifier les victimes.
D’après les constats préliminaires de l’autorité provinciale, 151 civils auraient été inhumés dans ces fosses communes : 121 au cimetière de Kavinvira et 30 dans un enclos du quartier Kilomoni.
Le communiqué précise que ces exécutions seraient intervenues à la veille du retrait forcé, le 18 janvier 2026, des éléments de l’AFC/M23, appuyés par les Rwanda Defence Force (RDF), dont la présence et le soutien opérationnel dans la zone auraient été largement documentés. Le gouvernement provincial estime que le caractère massif des exécutions, leur organisation apparente et leur inscription dans un contexte de violences répétées contre les populations civiles de l’Est de la République démocratique du Congo constituent de graves violations du droit international humanitaire.
Les autorités provinciales qualifient ces faits de crimes de guerre au sens de l’article 8 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale. Elles estiment également qu’ils pourraient relever de crimes contre l’humanité, notamment pour meurtre et extermination, au regard de l’article 7 du même Statut, en raison de leur ampleur, de leur caractère systématique et de leur insertion présumée dans une attaque dirigée contre des populations civiles.
Le Gouvernement provincial considère en outre que ces massacres s’inscrivent dans une dynamique prolongée de violences planifiées et coordonnées contre des civils congolais. Le caractère massif et répété des exécutions appellerait, selon lui, un examen approfondi à la lumière de la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide.
Dans son communiqué, le gouvernorat affirme que « la responsabilité pénale des membres des RDF et de leurs supplétifs de l’AFC/M23 est pleinement engagée ». Il rappelle qu’en application des articles 25 et 28 du Statut de Rome, les auteurs directs, leurs supérieurs hiérarchiques ainsi que toute personne ayant planifié, ordonné ou facilité ces crimes doivent répondre de leurs actes.
Au-delà des responsabilités individuelles, le gouvernement provincial soutient que le soutien opérationnel, logistique et militaire apporté par l’armée rwandaise à l’AFC/M23 engagerait la responsabilité internationale de l’État rwandais, conformément aux principes du droit international relatifs à l’attribution des faits internationalement illicites.
Le Sud-Kivu condamne « avec la plus grande fermeté » ces massacres, tient les RDF et leurs supplétifs de l’AFC/M23 pour responsables et exige l’ouverture immédiate d’enquêtes internationales indépendantes. Il demande l’identification et la poursuite des responsables, quels que soient leur rang ou leur fonction, ainsi que des sanctions ciblées contre les auteurs, leurs commanditaires et leurs soutiens. Le gouvernement provincial réclame également l’application intégrale et sans délai de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Les autorités provinciales expriment leur profonde compassion aux familles des victimes et réaffirment leur engagement aux côtés du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en collaboration avec le gouvernement central, pour que justice soit rendue. « Le silence, l’inaction ou la complaisance face à de tels crimes seraient une forme de tolérance inacceptable », conclut le communiqué.
Merveilles Kiro
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