Urgences sanitaires : l’OMS sonne l’alarme dans 36 zones de crise, dont la RDC
Urgences sanitaires : l’OMS sonne l’alarme dans 36 zones de crise, dont la RDC
AFP
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé un appel de fonds d’un milliard de dollars afin de répondre aux urgences sanitaires prévues en 2026 dans plus de 35 pays à travers le monde. Un montant en nette baisse par rapport à l’année précédente, où l’agence onusienne avait sollicité 1,5 milliard de dollars, révélant une crise persistante du financement de la santé mondiale.
S’exprimant à Genève, le Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a expliqué que de nombreux gouvernements font aujourd’hui face à de fortes contraintes budgétaires, tandis que l’attention politique se recentre de plus en plus sur les priorités nationales, notamment la défense.
À l’échelle mondiale, les dépenses militaires dépassent désormais les 2.500 milliards de dollars par an, alors que l’aide humanitaire et le financement de la santé enregistrent leur plus forte baisse depuis une décennie.
Cette réorientation des priorités a des conséquences directes sur les populations les plus vulnérables.
Selon l’OMS, l’écart entre les besoins sanitaires et la capacité de réponse des systèmes de santé ne cesse de se creuser, exerçant une pression accrue sur des infrastructures déjà fragiles.
Les fonds sollicités par l’OMS visent à soutenir des interventions sanitaires dans 36 zones d’urgence, parmi lesquelles figurent Gaza et le Moyen-Orient, le Soudan, l’Ukraine, la République démocratique du Congo, Haïti et le Myanmar. Ces ressources permettront de maintenir des services de santé essentiels, prévenir les épidémies et appuyer les populations vivant dans des conditions extrêmes.
« Nous nous concentrons sur les plus démunis, là où nous pouvons sauver le plus de vies », a souligné Chikwe Ihekweazu, Directeur exécutif du Programme de gestion des urgences sanitaires de l’OMS.
Il a rappelé que de nombreuses familles sont aujourd’hui confrontées à des choix dramatiques, comme devoir arbitrer entre l’achat de nourriture ou de médicaments.
L’année dernière, l’OMS n’a reçu que 900 millions de dollars sur les 1,5 milliard demandés, une situation aggravée par le retrait des États-Unis et les coupes drastiques dans l’aide extérieure américaine.
Le Dr Tedros a reconnu que l’année écoulée a été « l’une des plus difficiles de l’histoire de l’organisation ».
Malgré ce contexte tendu, certains partenaires continuent de soutenir l’agence, notamment l’Union européenne, l’Arabie saoudite, l’Allemagne, le Japon, l’Italie, le Royaume-Uni ainsi que la Fondation Asie-Europe.
Les restrictions budgétaires mondiales ont déjà provoqué la fermeture ou la réduction des activités de 6.700 centres de santé dans une vingtaine de contextes humanitaires en 2025, privant 53 millions de personnes d’accès aux soins.
Face à cette situation, l’OMS affirme avoir répondu à 50 urgences sanitaires dans 82 pays, soutenu plus de 8.000 établissements de santé et déployé 1.400 cliniques mobiles.
Gilbert N.
En savoir plus sur BETO
Subscribe to get the latest posts sent to your email.