RDC : HRW dénonce la multiplication des arrestations politiques et le harcèlement contre les journalistes et l’opposition
Dans un rapport alarmant publié ce mercredi 13 mai, Human Rights Watch accuse le gouvernement congolais d’intensifier les arrestations arbitraires et le harcèlement ciblé contre les professionnels des médias, les militants de la société civile ainsi que les figures de l’opposition. Selon ce rapport, cette dérive autoritaire s’inscrit dans un double contexte explosif : l’occupation
RDC : HRW dénonce la multiplication des arrestations politiques et le harcèlement contre les journalistes et l’opposition
AFP
Dans un rapport alarmant publié ce mercredi 13 mai, Human Rights Watch accuse le gouvernement congolais d’intensifier les arrestations arbitraires et le harcèlement ciblé contre les professionnels des médias, les militants de la société civile ainsi que les figures de l’opposition.
Selon ce rapport, cette dérive autoritaire s’inscrit dans un double contexte explosif : l’occupation persistante d’une partie de l’est du pays par les rebelles du M23 — soutenus par le Rwanda — et les vives tensions suscitées par un projet de révision constitutionnelle.
Ce projet permettrait au président Félix Tshisekedi de contourner la limite légale des deux mandats, une option qu’il a lui-même publiquement évoquée lors d’une allocution télévisée nationale le 6 mai 2026.
« Les citoyens congolais ont le droit d’exprimer leurs préoccupations sans crainte de représailles, mais sur le terrain, l’exercice de ce droit devient impossible. Les autorités doivent cesser de restreindre l’espace civique et veiller à ce que chacun puisse s’exprimer pacifiquement sans risquer la prison », s’alarme Philippe Bolopion.
Kinshasa sous tension : manifestations réprimées et médias traqués
Les conclusions de l’organisation s’appuient sur une série d’entretiens menés entre janvier et mai 2026 auprès de quatorze acteurs de la société civile et de l’opposition, ainsi que de journalistes locaux. Leurs témoignages décrivent une stratégie d’intimidation systématique.
L’accusation de « complicité avec le M23 » comme arme politique
Depuis l’escalade des combats en 2025 et la prise de plusieurs villes stratégiques par le M23, le pouvoir de Kinshasa utilise de plus en plus le motif de « collusion avec l’ennemi » pour neutraliser les voix dissidentes, même en l’absence de preuves tangibles.
Disparitions forcées et prisons secrètes du CNC
Le rapport de Human Rights Watch met également en lumière le rôle central du Conseil national de cyberdéfense (CNC). Opérant aux côtés de la Garde républicaine et de la police, cette structure est accusée de gérer plusieurs cas de disparitions forcées.
Sur les 17 cas documentés de personnalités politiques et de défenseurs des droits humains initialement détenus au secret par le CNC, HRW affirme avoir recueilli des témoignages préoccupants sur les conditions de détention et les méthodes d’intimidation utilisées.
Le harcèlement frappe également les structures physiques des partis politiques. À Kimbanseke, le siège du parti d’opposition Ensemble pour la République a été saccagé en février par des jeunes identifiés comme des militants de l’UDPS, parti au pouvoir, une agression confirmée par l’analyse vidéo de HRW.
« Cette dérive est un signal d’alarme critique pour la communauté internationale alors que le climat politique s’embrase. Les autorités doivent immédiatement cesser de terroriser ceux qui s’opposent à elles », conclut Philippe Bolopion.
En multipliant ces exactions, estime HRW, la République démocratique du Congo viole ouvertement le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi que la Charte africaine des droits de l’homme, deux traités internationaux qu’elle a pourtant ratifiés.
Silas MUNGINGA
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