Vingt-sept écoliers inhumés au cimetière Ruzizi, quatre jours après l’incendie de Funu
Les vingt-sept enfants morts dans les bousculades du 10 septembre, après l'incendie des écoles Furaha et Ujamaa, ont été inhumés lundi à Bukavu. Le bilan, passé par quinze puis vingt-neuf, est arrêté à vingt-sept.
Vingt-sept écoliers inhumés au cimetière Ruzizi, quatre jours après l’incendie de Funu
AFP
Les vingt-sept écoliers morts dans les bousculades du 10 septembre, après l’incendie des écoles Furaha et Ujamaa, ont été inhumés ce lundi au cimetière Ruzizi, à Bukavu.
Plusieurs acteurs sociopolitiques ont pris part à la cérémonie. Tous ont appelé au renforcement des mesures de protection, face à la multiplication des incendies dans la ville.
Un bilan arrêté à vingt-sept
Le chiffre a bougé plusieurs fois en quatre jours.
Le 10 septembre, les premiers comptes faisaient état de quinze morts. Ils sont passés à vingt, puis à vingt-sept dans la journée. Les autorités éducatives ont ensuite établi le bilan à vingt-neuf.
Il est aujourd’hui ramené à vingt-sept. Ce sont donc vingt-sept enfants que les familles ont accompagnés lundi au cimetière Ruzizi.
Ce qui s’est passé le 10 septembre
Les deux établissements, l’école Furaha et l’école Ujamaa, se trouvent dans le quartier Funu, commune de Kadutu.
Les élèves ne sont pas morts dans les flammes. Ils sont morts en tentant d’en sortir, écrasés dans le mouvement de foule qui s’est formé au moment de la fuite.
C’est la précision que le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique avait donnée dans le communiqué publié après le sinistre, en exigeant une enquête rigoureuse.
Une ville sans moyens d’intervention
Bukavu ne dispose pas d’engins adaptés à la lutte contre les incendies. Radio Okapi le rapportait le jour même du drame, en indiquant qu’il avait fallu faire appel au service anti-incendie du Rwanda.
Cent huit pompiers avaient été formés au Sud-Kivu en mars 2023. Ils attendaient encore leur matériel, un devis ayant été déposé au gouvernorat.
S’y ajoute un autre facteur : la ville est sous contrôle de l’AFC/M23 depuis février 2025, ce qui rompt la chaîne administrative ordinaire entre elle et Kinshasa.
Le feu, un fait récurrent dans la ville
L’incendie de Funu s’inscrit dans une série que nos articles ont documentée. Plus de sept cents maisons ont brûlé en une semaine au Sud-Kivu début septembre.
Le 23 août, au quartier Nkafu, dans la même commune de Kadutu, un sinistre avait fait cinq morts, trente blessés, deux cent trente maisons calcinées et six cent quatre-vingt-onze ménages touchés, selon le bilan présenté au Conseil des ministres du 11 septembre.
Des écoles déjà touchées cette année
Funu n’est pas le premier établissement scolaire atteint par le feu à Bukavu cette année. Le 3 septembre, les écoles Uhuru et Fariala, situées au quartier Cahi, avaient été détruites par un incendie. Ni l’une ni l’autre ne disposait d’électricité ou de cuisine, ce qui a écarté les hypothèses habituelles.
Les 26 et 27 octobre 2025, un sinistre au quartier Mosala avait fait quatorze morts, dont douze enfants.
Depuis février 2025, ce sont 2 831 maisons qui ont brûlé au Sud-Kivu.
Les réactions
Le drame a suscité des prises de position au-delà du Sud-Kivu. Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege s’est dit « bouleversé » et a appelé à une prise de conscience collective. Moïse Katumbi a parlé d’un « drame absolu ».
Des écoles déjà touchées cette année
Funu n’est pas le premier établissement scolaire atteint par le feu à Bukavu cette année. Le 3 septembre, les écoles Uhuru et Fariala, situées au quartier Cahi, avaient été détruites par un incendie. Ni l’une ni l’autre ne disposait d’électricité ou de cuisine, ce qui a écarté les hypothèses habituelles.
Les 26 et 27 octobre 2025, un sinistre au quartier Mosala avait fait quatorze morts, dont douze enfants.
Depuis février 2025, ce sont 2 831 maisons qui ont brûlé au Sud-Kivu.
Les réactions
Le drame a suscité des prises de position au-delà du Sud-Kivu. Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege s’est dit « bouleversé » et a appelé à une prise de conscience collective. Moïse Katumbi a parlé d’un « drame absolu ».
Les suites annoncées
Le Conseil des ministres du 11 septembre s’est ouvert par une minute de silence, à la mémoire des personnes mortes dans les incendies de Kinshasa et des enfants « durement affectés à Kadutu dans la ville de Bukavu au Sud-Kivu ».
Le chef de l’État y a demandé des contrôles dans les églises et tout autre lieu accueillant du public, la fermeture temporaire des établissements présentant des risques graves, et la mise à disposition d’extincteurs, d’issues de secours, d’alarmes et de dispositifs d’évacuation.
Le vice-Premier ministre de l’Intérieur et le gouverneur de Kinshasa doivent présenter un plan opérationnel dans un délai de trente jours. Ce délai porte sur la capitale.
Aucun dispositif équivalent n’a été annoncé pour Bukavu.
Ce qui n’est pas encore établi
L’origine de l’incendie n’a pas été rendue publique. L’enquête exigée par le ministère de l’Éducation nationale n’a pas encore donné lieu à un rapport public, et nous n’avons pas obtenu l’identité des vingt-sept enfants ni le détail des blessés encore hospitalisés.
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