À son tour, l’Union européenne veut mettre fin à son soutien militaire au Rwanda
Quelques éléments de l’armée rwandaise | ©️ Reuters
AFP
Le soutien financier de l’Union européenne (UE) aux troupes du Rwanda engagées dans la lutte contre l’insurrection jihadiste dans le nord du Mozambique devrait arriver à échéance en mai 2026, sans qu’une prolongation ne soit envisagée à ce stade, selon des sources proches du dossier citées par Bloomberg dans un article publié ce jeudi.
En 2024, l’UE avait approuvé une aide de 20 millions d’euros destinée à la Force de défense rwandaise déployée dans la province de Cabo Delgado, une région stratégique riche en ressources gazières. Ce financement, accordé dans le cadre de la Facilité européenne pour la paix, visait principalement à couvrir les dépenses liées à l’équipement personnel et à la logistique des troupes engagées dans les opérations de stabilisation.
Soutien du Rwanda au M23
Mais ce soutien intervient désormais dans un contexte diplomatique plus sensible. La semaine dernière, le Trésor des États-Unis a imposé des sanctions contre la Force de défense rwandaise, l’accusant de soutenir et d’opérer aux côtés du mouvement rebelle M23 dans l’est de la République démocratique du Congo.
Toujours selon Bloomberg, un porte-parole de l’UE a confirmé que les mesures d’assistance actuelles, adoptées en 2022 et 2024, « expirent en mai 2026 », ajoutant que Bruxelles « prend note des sanctions américaines et évalue leurs implications ». Selon plusieurs sources informées, aucune décision n’a pour l’instant été prise pour prolonger le financement au-delà de cette échéance.
En Mozambique, les forces rwandaises prétendent sécuriser depuis 2021 la province de Cabo Delgado, théâtre d’attaques répétées de groupes affiliés à l’organisation jihadiste État islamique. La stabilisation de cette région reste cruciale pour plusieurs projets énergétiques majeurs. Le groupe énergétique français TotalEnergies y développe un vaste projet d’exportation de gaz naturel liquéfié estimé à environ 20 milliards de dollars, tandis qu’un projet voisin de grande envergure est piloté par ExxonMobil.
Ces investissements avaient été suspendus en 2021 après une attaque majeure contre la ville de Palma menée par des insurgés. L’amélioration progressive de la situation sécuritaire a toutefois permis une reprise des activités, et TotalEnergies a annoncé en janvier dernier la relance complète de son projet.
Dans ce contexte, les partenaires occidentaux cherchent à concilier deux impératifs : maintenir la stabilité dans une région devenue stratégique pour l’approvisionnement énergétique mondial, tout en tenant compte des tensions géopolitiques croissantes liées à la crise dans l’est de la République démocratique du Congo.
Odon Bakumba
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