Affaire Lumumba : la justice belge clôt l’instruction visant Étienne Davignon
Patrice Emery Lumumba, premier Premier chef du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC ) de 1960 à 1964.
AFP
L’instruction judiciaire ouverte à Bruxelles en 2011, à la suite de la plainte déposée par la famille de Patrice Lumumba, est désormais clôturée. Une audience en chambre du conseil, au cours de laquelle la défense d’Étienne Davignon pourra présenter ses arguments, est fixée au 20 janvier 2026, selon un reportage du Monde.
Dernier survivant parmi les dix personnes initialement visées, Étienne Davignon, aujourd’hui âgé de 92 ans, est soupçonné d’avoir été impliqué dans l’assassinat du tout premier Premier ministre de la République démocratique du Congo.
À l’époque des faits, Davignon n’était encore qu’un jeune diplomate stagiaire au ministère belge des Affaires étrangères. Selon le parquet, il était néanmoins informé du projet d’arrestation de Patrice Lumumba, alors prisonnier politique. Le parquet demande son renvoi en procès pour les chefs d’accusation suivants :
• Détention et transfert illicite d’un prisonnier de guerre ;
• Privation du droit à un procès équitable ;
• Traitements humiliants et dégradants.
En revanche, l’intention homicide n’a pas été retenue. Le parquet a requis un non-lieu sur ce point, comme l’a précisé Ann Lukowiak, porte-parole du ministère public.
Dans le cadre de cette enquête, la justice belge avait saisi en 2016 une dent attribuée à Patrice Lumumba, retrouvée chez la fille d’un policier belge impliqué dans la disparition de son corps. Cette dent a été officiellement restituée à la RDC en juin 2022, lors d’une cérémonie à Bruxelles.
À cette occasion, le Premier ministre belge d’alors, Alexander De Croo, avait renouvelé les excuses du gouvernement belge pour sa « responsabilité morale » dans cet assassinat — des excuses formulées pour la première fois en 2002.
La plainte de la famille Lumumba dénonçait l’implication de plusieurs institutions belges dans « un vaste complot » visant à éliminer politiquement et physiquement le leader congolais.
Fondateur du Mouvement national congolais, Patrice Lumumba fut renversé dès septembre 1960, soit trois mois après l’indépendance du Congo. Il a été exécuté le 17 janvier 1961 aux côtés de Maurice Mpolo et Joseph Okito par des séparatistes katangais, avec l’appui de mercenaires belges. Âgé de 35 ans, son corps fut dissous dans l’acide et n’a jamais été retrouvé.
Gloire MALUMBA
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