Beni : un ex-otage révèle comment les ADF utilisent des appareils électroniques pour contourner les positions militaires
« Ils m'ont relâché. » C'est par ces mots qu'Omar Biamungu, habitant de Mukakira, raconte sa libération après plusieurs jours passés en captivité entre les mains des combattants des ADF. Il a été remis ce lundi aux services de sécurité après une tentative d'incursion rebelle à l'est de Tenambo, dans la région d'Oicha, aux environs de 22 heures.
Beni : un ex-otage révèle comment les ADF utilisent des appareils électroniques pour contourner les positions militaires
AFP
Selon son témoignage, Omar et plusieurs autres civils avaient quitté leur village dimanche pour transporter des planches vers la localité communément appelée « 25 ». En cours de route, ils sont tombés sur un groupe de combattants ADF sortis de la brousse d’Eringeti et se dirigeant vers Mbau.
« Nous avons été pris en otage depuis dimanche. Ils nous ont conduits jusqu’au niveau de la position militaire de Bilimani », confie-t-il.
Des appareils pour repérer les positions militaires
Le rescapé affirme que les combattants étaient équipés d’appareils électroniques leur permettant de s’orienter et d’observer leur environnement.
« Ils avaient des appareils grâce auxquels ils voyaient tout et surveillaient les mouvements. Ils pouvaient même localiser les positions de défense », explique Omar.
Selon lui, les ADF obligeaient les otages à leur indiquer les itinéraires à suivre sous peine de mort.
« Si tu mentais, ils te tuaient. Si tu donnais une information qui ne correspondait pas à ce qu’ils voyaient sur leurs appareils, c’était pareil », poursuit-il.
Après leur passage à Bilimani, le groupe s’est dirigé vers une vallée où les assaillants ont pillé des biens avant de préparer une poule pour leur repas. Omar affirme avoir refusé de manger, ce qui lui aurait valu des sévices physiques. Il a ensuite passé la nuit dans la tente du commandant du groupe.
Le lendemain, les rebelles se sont rapprochés d’une autre position militaire. Des affrontements ont alors éclaté avec les FARDC. Face à cette résistance, les ADF ont contourné la zone pour revenir vers leur point de départ.
D’après Omar, les appareils qu’ils utilisaient leur ont permis d’identifier un passage menant vers Tenambo, près de Matombo, un secteur qu’ils évitaient habituellement en raison de la présence des FARDC et de l’UPDF.
« Ils m’ont dit : « Omar, tu vas partir avec le premier groupe, nous allons te libérer. Il faudra courir en criant Allahu Akbar. » Ils m’ont montré le chemin à emprunter pour éviter les balles », raconte-t-il.
En fuyant vers Yezine, Omar affirme avoir tenté d’alerter la population, mais sans succès.
« Personne ne m’a cru », dit-il.
Réfugié à la paillote des notables, il a expliqué sa situation aux habitants, qui n’ont commencé à croire à son récit qu’après avoir entendu des coups de feu dans la zone.
Selon le rescapé, les ADF avaient pour objectif de pénétrer dans les secteurs situés à l’est de Mbau et d’Oicha afin d’y mener des attaques. À ce stade, aucun bilan officiel de cette tentative d’incursion n’a encore été communiqué.
Omar appelle enfin la population et les services de sécurité à redoubler de vigilance, particulièrement dans les zones situées à l’est de Mbau et d’Oicha.
Isaac Bin-Ngeve