Budget 2026 : un projet recevable mais critiqué pour ses déséquilibres majeurs
Budget 2026 : un projet recevable mais critiqué pour ses déséquilibres majeurs
AFP
Au terme de deux jours de débats, les 18 et 19 novembre 2025, l’Assemblée nationale a déclaré recevable le projet de loi de finances pour l’exercice 2026.
Ce budget, évalué à plus de 59 020,5 milliards de francs congolais (environ 20,7 milliards de dollars), présente un équilibre entre recettes et dépenses. Selon la Primature, il représente une hausse de 16 % par rapport au budget rectificatif de 2025, arrêté à 50 692 milliards de francs congolais.
Mais pour le député national Gracien Iracan de Saint Nicolas, plusieurs incohérences minent ce projet. Il pointe un déséquilibre majeur dans l’allocation des ressources :
« En 2026, la Présidence absorbe 1 884 milliards FC (environ 754 millions USD), la Primature 895 milliards FC (358 millions USD) et les Vice-Primatures 596 milliards FC (238 millions USD) », dénonce-t-il.
Au total, ces institutions engloutiraient plus de 3 300 milliards FC, soit près de 1,32 milliard USD — un montant supérieur au budget cumulé de secteurs sociaux essentiels comme l’Éducation, la Santé, les Affaires sociales ou encore l’Agriculture.
Pour Iracan, le paradoxe est évident : « Alors que la population attend de l’eau potable, des écoles, des hôpitaux et des infrastructures, l’essentiel des ressources part dans le fonctionnement administratif, les cabinets politiques et la communication gouvernementale. Voilà pourquoi, malgré des budgets de plus en plus massifs, le quotidien des Congolais ne s’améliore pas : le Gouvernement finance la machine politique, pas le développement du peuple. »
L’élu de Bunia met en garde : tant que le budget de l’État servira principalement à entretenir l’appareil politique, « le pays aura du mal à décoller ». « L’analyse des tableaux budgétaires révèle un déséquilibre flagrant », conclut-il.
Azarias Mokonzi
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