Tshisekedi à l’Union sacrée : l’équipe du dialogue la semaine prochaine, et pas de mandat de plus
Selon le journaliste Stanis Bujakera, le chef de l’État a annoncé samedi devant l’Union sacrée qu’il va nommer dès la semaine prochaine l’équipe chargée de préparer le dialogue national, six semaines après l’ordonnance qui l’institue. Il a écarté toute intention d’aller au-delà de son mandat constitutionnel et demandé à ses élus d’expliquer le processus à leurs électeurs.
Tshisekedi à l’Union sacrée : l’équipe du dialogue la semaine prochaine, et pas de mandat de plus
AFP
Le président Félix Tshisekedi a réuni ce samedi les membres de l’Union sacrée de la nation pour faire le point sur les préparatifs du dialogue national. Il a demandé aux élus de sa famille politique d’en expliquer le sens à leurs électeurs, et annoncé qu’il mettrait en place dès la semaine prochaine l’équipe chargée de préparer l’exercice. C’est ce que rapporte le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala.
Selon le journaliste Stanis Bujakera, qui cite une source proche de la rencontre, la réunion s’est tenue à huis clos. Aucun communiqué officiel n’a été publié à l’issue des travaux.
Le chef de l’État écarte l’hypothèse d’un mandat supplémentaire
Toujours selon Stanis Bujakera, le président a répondu directement à la lecture qui circule dans une partie de l’opinion. Le dialogue ne vise pas, a-t-il dit, à modifier la Constitution pour lui permettre de se maintenir au pouvoir, mais à rendre au pays une certaine normalité, afin que l’État fonctionne réellement selon des normes.
Il a assuré n’avoir aucune intention d’aller au-delà du mandat que lui confie la Constitution, et invité ses partisans à ne pas lier la réflexion sur la gouvernance à son sort personnel.
La mise au point intervient au lendemain d’un vote. Vendredi 23 octobre, l’Assemblée nationale a adopté la loi sur le référendum par 346 voix sur 347 votants, après réécriture des treize articles visés par les observations de la Cour constitutionnelle. L’opposition parlementaire, qui a boycotté l’examen, y voit un instrument susceptible d’ouvrir la voie à une révision constitutionnelle. Le texte doit encore passer au Sénat en seconde lecture, puis être promulgué.
Une équipe attendue depuis six semaines
L’annonce la plus concrète porte sur le calendrier. Le cadre institutionnel, lui, existe déjà. Le 13 septembre, Félix Tshisekedi a signé une ordonnance instituant un Comité d’organisation préliminaire chargé de préparer la mise en place de la Commission préparatoire du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État.
Ce comité doit comprendre un coordonnateur, un coordonnateur adjoint et des membres, tous nommés par le chef de l’État, auxquels s’ajoute un secrétariat technique de onze experts également désignés par lui. Ses missions sont fixées : rencontres préalables avec les composantes appelées à participer, identification des besoins matériels, financiers, techniques, sécuritaires et logistiques, contacts avec les partenaires nationaux et internationaux.
Six semaines après la signature, aucune de ces personnalités n’a été nommée. C’est cette étape que le président annonce pour la semaine qui vient.
Le processus a été annoncé à la Nation le 27 août. Depuis, les désaccords portent moins sur le principe que sur les modalités : le convocateur, le lieu et la place à réserver aux acteurs armés n’ont pas trouvé de réponse commune entre la majorité et l’opposition.
Les élus chargés de porter le message
La demande faite aux parlementaires de l’Union sacrée est opérationnelle : expliquer le sens du dialogue à leurs électeurs. Elle revient à confier la pédagogie du processus à la majorité elle-même, dans les circonscriptions, à un moment où la loi référendaire et le dialogue sont lus ensemble par une partie de l’opinion.
C’est une ligne que le gouvernement défend depuis l’été. En septembre, le porte-parole du gouvernement résumait la position en une phrase, « on ne vient pas pour le président Tshisekedi, on vient pour le Congo ».
Sur le front militaire, un satisfecit et une réserve
Le chef de l’État s’est dit confiant dans les forces armées, qu’il affirme avoir reprises en main et dont la montée en puissance lui paraît satisfaisante. Il a toutefois reconnu la persistance des infiltrations.
Le constat est posé alors que l’est du pays reste sous occupation partielle et que le dialogue national doit, dans son intitulé même, traiter de la paix.
Ce qui n’est pas établi à ce stade
La réunion s’est tenue à huis clos et son contenu n’est connu que par la publication de Stanis Bujakera. Les propos prêtés au chef de l’État n’ont pas été confirmés par la présidence. Les noms du coordonnateur, de son adjoint, des membres du comité et des onze experts ne sont pas connus, pas plus que la date, le lieu et le financement du dialogue lui-même.
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