Diplomatie Contacts avec les ambassades : Tshisekedi impose un canal unique, celui des Affaires étrangères

Contacts avec les ambassades : Tshisekedi impose un canal unique, celui des Affaires étrangères

À la 101ᵉ réunion du Conseil des ministres, le chef de l’État a réaffirmé le ministère des Affaires étrangères comme seul canal institutionnel des relations diplomatiques et prévenu qu’il n’admettrait plus les contacts non coordonnés avec les ambassades. La Primature veillera à la cohérence, et un mécanisme permanent de coordination doit être mis en place.

Contacts avec les ambassades : Tshisekedi impose un canal unique, celui des Affaires étrangères
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 24 OCTOBRE 2026 - 11:11 WAT · 4 min de lecture

Un seul guichet pour parler aux ambassades. Le président Félix Tshisekedi a réaffirmé vendredi 23 octobre, en ouvrant la 101ᵉ réunion du Conseil des ministres à la Cité de l’Union africaine, que le ministère des Affaires étrangères est le canal institutionnel unique des relations diplomatiques de la République.

Le chef de l’État a prévenu qu’il n’acceptera plus la multiplication d’initiatives et de contacts non coordonnés avec les missions diplomatiques étrangères. Le compte rendu, lu par le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya, retient la raison invoquée : ces contacts épars sont « susceptibles de fragiliser la crédibilité de notre diplomatie ».

Ce que les Affaires étrangères récupèrent

Le texte énumère quatre attributions confirmées au ministère : assurer l’interface diplomatique, coordonner les échanges institutionnels, accompagner les négociations, puis conclure et suivre les accords intergouvernementaux. Le tout en collaboration étroite avec les ministères sectoriels concernés.

Le ministère est également désigné comme l’interlocuteur privilégié des missions diplomatiques étrangères accréditées à Kinshasa. Une ambassade qui veut traiter avec l’État congolais passe donc par lui.

« La coordination rigoureuse des initiatives et des engagements pris au nom de l’État garantit la crédibilité de notre diplomatie, la cohérence de nos positions et la préservation des intérêts supérieurs de la nation», a rapporté Patrick Muyaya dans le Compte rendu de la 101ᵉ réunion du Conseil des ministres, 23 octobre 2026.

La Primature chargée de tenir la ligne

Selon le porte-parole du gouvernement, la Première ministre hérite du contrôle. Dans son rôle de direction et de coordination de l’action gouvernementale, elle veillera à la cohérence des initiatives des membres du gouvernement en matière de coopération internationale, à leur conformité avec les orientations de la politique étrangère, et à la bonne articulation des interventions.

Le dispositif a donc deux étages : le ministère des Affaires étrangères comme porte d’entrée, la Primature comme garde-fou interne.

Un mécanisme à construire, et une limite posée d’avance

Le président de la République a instruit la ministre d’État aux Affaires étrangères, Coopération internationale et Diaspora congolaise de mettre en place, en concertation avec la Primature et le cabinet présidentiel, un mécanisme permanent de coordination des relations avec les missions diplomatiques étrangères. Le compte rendu le veut « souple, rapide et efficace ».

Ses trois objectifs sont énoncés : harmoniser les positions, fluidifier les échanges, garantir un suivi rigoureux des engagements internationaux.

Le texte pose lui-même sa propre limite : le dispositif devra fonctionner « sans alourdir les procédures ni entraver l’exercice des attributions sectorielles ». C’est la clause qui décidera de son sort. Un mécanisme de coordination qui ralentit les ministères techniques se contourne ; un mécanisme qui va vite se respecte.

La séquence belge en toile de fond

La décision ne tombe pas dans le vide. Le 15 octobre, le cabinet du chef de l’État avait déjà interdit à ses propres membres tout contact avec l’ambassade de Belgique, au lendemain de perquisitions menées en Belgique chez des proches du président. Cette note visait un cabinet et une ambassade.

Ce que le Conseil des ministres a acté vendredi est d’une autre portée : la règle vaut pour tous les membres du gouvernement, pour toutes les missions diplomatiques, et elle est permanente.

Le mécanisme devra s’articuler avec une pratique installée. Le ministre de l’Intégration régionale a conduit en trois semaines des missions à Lomé, Luanda, Bujumbura et Dar es Salaam sur le dossier des FDLR, puis a représenté le chef de l’État au sommet du COMESA à Harare. Le ministre du Commerce extérieur plaidait cette semaine à Brazzaville sur la ZLECAf. Les Mines, l’Économie numérique et les Hydrocarbures négocient aussi avec des partenaires étrangers.

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B
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