Course à la tête de l’OIF : Juliana Lumumba en tournée pour rallier les soutiens africains face à Mushikiwabo
Course à la tête de l’OIF : Juliana Lumumba en tournée pour rallier les soutiens africains face à Mushikiwabo
AFP
À quelques mois du sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) prévu en novembre 2026 à Siem Reap, la bataille pour le poste de secrétaire général s’annonce déjà stratégique. La sortante, Louise Mushikiwabo, brigue un troisième mandat, tandis que la République démocratique du Congo aligne une candidate de poids : Juliana Lumumba, ancienne ministre et fille de Patrice Lumumba.
Soutenue par les autorités congolaises, Juliana Lumumba a engagé une offensive diplomatique soutenue pour rallier le maximum d’États membres à sa candidature. Après une tournée africaine menée tambour battant, au cours de laquelle elle a visité six pays en une semaine, la candidate congolaise s’apprête désormais à étendre sa campagne en Europe et au Canada.
Selon des informations de RFI, consultées par BETO.CD ce jeudi 16 avril, cette mobilisation diplomatique se déroule à un moment où Kinshasa est consciente d’avoir pris un léger retard dans le lancement de sa campagne.
« La RDC a débuté sa campagne un peu tard », confie une source diplomatique citée par le média français, tout en mettant en avant « un nom et un parcours » capables de peser dans la balance.
Dans cette course à la tête de l’OIF, l’objectif est multiplier les soutiens, notamment en Afrique, où se concentre une part importante des États membres de l’organisation.
La stratégie adoptée consiste à alterner entre des pays réputés favorables à la RDC, comme le Togo, le Cap-Vert ou la Mauritanie, et d’autres plus difficiles à convaincre, à l’instar du Sénégal ou de la Guinée.
Mais la tournée africaine de Juliana Lumumba est loin d’être achevée. Son équipe prévoit encore des étapes dans des États jugés décisifs, notamment la Côte d’Ivoire et l’Angola. Ce dernier, bien que lusophone, occupe une place particulière en tant que pays observateur de l’OIF et allié diplomatique de la RDC dans la région.
Au-delà de ces déplacements bilatéraux, un rendez-vous se profile déjà dans l’agenda de la candidate congolaise notamment : le Sommet Afrique-France prévu les 11 et 12 mai à Nairobi.
Cette rencontre internationale devrait offrir une tribune aux différents prétendants au poste de secrétaire général de l’OIF, leur permettant de consolider ou d’élargir leurs réseaux d’influence.
Face à une Louise Mushikiwabo qui dispose de l’avantage de l’expérience et d’un réseau déjà établi, Juliana Lumumba mise sur une campagne de proximité, axée sur les rencontres directes et la mobilisation diplomatique. Son profil, caractérisé à la fois par son parcours politique et l’héritage historique de son nom, constitue un atout que Kinshasa entend valoriser pleinement.
À mesure que l’échéance de novembre approche, la compétition pour la direction de l’OIF s’intensifie. À y scruter de près , on peut retenir que des enjeux sont à la fois politiques et diplomatiques pour les États membres.
Christian T. ÉZÉCHIEL
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