Crise de leadership à l’UDPS : Félix Tshisekedi s’emploie à chasser le démon de la division
Crise de leadership à l’UDPS : Félix Tshisekedi s’emploie à chasser le démon de la division
AFP
Si les conclusions de cette rencontre n’ont pas été rendues publiques, son enjeu politique reste évident. Depuis plusieurs mois, les deux hommes s’opposent ouvertement pour le contrôle de l’appareil du parti, chacun revendiquant la légitimité du poste de secrétaire général. Cette rivalité a profondément fragilisé l’unité de la formation au pouvoir, alimentant divisions et incertitudes à l’approche des grands rendez-vous politiques.
Le dernier épisode de cette querelle concerne la redevance imposée aux mandataires publics issus du parti. Augustin Kabuya, député national, avait affirmé agir sur mandat direct de Félix Tshisekedi pour exiger une contribution de 10 % aux responsables politiques de l’UDPS. Une décision vivement contestée par son rival Déo Bizibu, qui avait aussitôt rétorqué que Kabuya « n’occupe actuellement aucune fonction dans les organes officiels du parti » et ne saurait donc se prévaloir d’un tel pouvoir.
Derrière cette confrontation se joue bien plus qu’une simple querelle de personnes : c’est le contrôle de la puissante machine de l’UDPS qui est en jeu. Le poste de secrétaire général, véritable centre névralgique du parti, ouvre la voie au pilotage des orientations politiques, à la gestion des structures internes et à l’arbitrage des investitures électorales.
En recevant Augustin Kabuya et Déo Bizibu, Félix Tshisekedi s’est posé en médiateur. Conscient de l’importance d’une UDPS soudée, il cherche à éviter une implosion du parti au moment où il doit faire face à une double pression : des tensions parlementaires persistantes et une crise sécuritaire qui continue de ravager l’Est du pays.
Reste à savoir si cette médiation de la plus haute autorité du parti permettra de rapprocher deux camps qui s’affrontent depuis plusieurs mois.
En attendant, l’absence de communication officielle sur les résultats de la rencontre entretient les spéculations et laisse planer le doute sur l’avenir immédiat de l’UDPS, dont l’unité apparaît plus fragile que jamais.
C. Timothée ÉZÉCHIEL