Cyclisme : la RDC boycotte les Mondiaux de Kigali
Cyclisme : la RDC boycotte les Mondiaux de Kigali
AFP
À deux jours du début des Championnats du monde de cyclisme à Kigali, la capitale rwandaise, la Fédération congolaise de cyclisme a annoncé qu’aucun coureur ne représenterait la République Démocratique du Congo (RDC) lors de cet événement historique pour l’Afrique. Cette décision survient dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre Kinshasa et Kigali, exacerbées par le conflit dans l’est de la RDC.
Jean-Claude Congolo, secrétaire général de la Fédération congolaise de cyclisme, a expliqué que la non-participation de la RDC aux Championnats du monde était due à l’agression présumée du Rwanda contre son pays. Il a précisé que l’équipe nationale féminine, dont l’ossature est basée à Goma, est actuellement sous occupation, rendant impossible leur préparation et leur participation à la compétition.
Le ministre congolais des Sports, Didier Budimbu, a confirmé cette décision, soulignant que, en raison de la situation sécuritaire, aucun cycliste congolais ne se rendrait à Kigali.
Cette situation est d’autant plus décevante pour les cyclistes congolais, qui nourrissaient l’espoir de briller sur la scène internationale. Jimmy Muhindo, champion du Congo en 2016, a exprimé sa frustration, soulignant que la préparation pour cette compétition était impossible en raison de l’occupation de Goma. De son côté, Joël Kyaviro, champion du Congo, a regretté de ne pas pouvoir participer à cet événement majeur, espérant que sa performance aurait mis en lumière les progrès du cyclisme congolais.
Cette décision de la RDC s’inscrit dans un contexte diplomatique tendu avec le Rwanda. Kinshasa accuse Kigali de soutenir la rébellion du M23 dans l’est de la RDC, une accusation que le Rwanda dément. Des rapports des Nations Unies et des États-Unis ont toutefois suggéré une implication du Rwanda aux côtés du M23, notamment dans des opérations militaires dans l’est de la RDC.
Malgré la signature d’un accord de cessez-le-feu entre le M23 et le gouvernement congolais en juillet 2025, les tensions demeurent vives. Des négociations sont en cours à Doha, mais les combats ont repris sporadiquement, notamment au Sud-Kivu, mettant en péril la stabilité de la région.
Ainsi, les cyclistes congolais, privés de leur rêve de participer aux Championnats du monde, se retrouvent une nouvelle fois victimes d’un conflit géopolitique qui échappe à leur contrôle.
Gilbert N.