Dialogue inclusif en RDC : les confessions religieuses présentent leur plan au président Tshisekedi
Les représentants de la CENCO et de l’ECC, aux côtés d’autres confessions religieuses, présentent à Kinshasa la feuille de route du Pacte social pour la Paix et le Bien-vivre ensemble en RDC, le 25 août 2025.
AFP
La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), en collaboration avec la plateforme des confessions religieuses et la Coalition interconfessionnelle, ont annoncé ce lundi 25 août leur union autour d’un processus national de paix et de réconciliation.
Cette démarche, qui intervient dans un contexte marqué par la persistance de la crise sécuritaire et les récentes attaques du M23-AFC, vise à instaurer un climat de confiance mutuelle et de décrispation politique à travers un « Pacte social pour la Paix et le Bien-vivre ensemble en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs ».
La feuille de route présentée par ces leaders religieux prévoit plusieurs étapes, notamment un mois de la paix marqué par l’organisation de cultes œcuméniques sur l’ensemble du territoire national, y compris dans les zones actuellement sous contrôle des rebelles, un dialogue technique conduit par des experts pour poser les bases du futur pacte social, un dialogue politique inclusif réunissant la majorité, l’opposition politique et armée ainsi que la société civile, et enfin une conférence internationale consacrée à la paix et au bien-vivre dans la région des Grands Lacs. Les conclusions de ces travaux seront remises au président Félix Tshisekedi, invité à prendre sans délai des actes d’État pour officialiser le lancement de ce processus.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des engagements pris par les Églises catholique et protestante depuis décembre 2024, lorsqu’elles avaient invité le peuple congolais à considérer l’année 2025 comme une « Année de la paix et du bien-vivre ensemble ».
En janvier dernier, elles avaient présenté officiellement la feuille de route du pacte social, saluée à l’échelle nationale et internationale. Depuis, plusieurs étapes se sont succédé : plaidoyer pour l’organisation d’un forum national, consultations menées auprès des forces vives du pays, remise d’un rapport au chef de l’État en juin, ouverture de ce dernier à la mise en place d’un cadre de travail conjoint, et examen par des experts du Conseil Interreligieux Congolais qui ont formulé des observations pour renforcer l’inclusivité et la portée du pacte.
Plus récemment, le président Tshisekedi a installé une commission présidentielle chargée d’avancer dans la concrétisation de ce processus, tandis que des partenaires comme la Belgique ont exprimé leur soutien à cette dynamique. Pour le Conseil Interreligieux Congolais, qui réunit diverses confessions dont la Communauté musulmane, l’Église du Réveil, l’Église Kimbanguiste et plusieurs autres mouvements religieux, ce pacte doit devenir un instrument de justice, de pacification et de reconstruction nationale.
Gilbert N.