Éditorial BETO Dialogue inclusif: le rendez-vous du sursaut national ou du chaos!

Dialogue inclusif: le rendez-vous du sursaut national ou du chaos!

Dialogue inclusif: le rendez-vous du sursaut national ou du chaos!
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 20 JUILLET 2026 - 09:37 WAT · 3 min de lecture

L’annonce d’un dialogue national inclusif par le président Félix Tshisekedi intervient à un moment où la République démocratique du Congo fait face à l’une des plus graves crises de son histoire contemporaine. Depuis plus de trente ans, l’Est du pays vit au rythme des massacres, des déplacements de populations et de l’occupation de pans entiers du territoire par des groupes armés. Dans ce contexte, l’unité nationale n’est plus une option politique : elle est devenue un impératif de survie.

Réclamé de longue date par les Églises, la société civile et plusieurs forces politiques, ce dialogue ne peut être réduit à un exercice de communication ou à un traditionnel partage des postes. Les Congolais attendent un véritable sursaut républicain, capable de dépasser les clivages politiques pour reconstruire un consensus national autour de l’essentiel : la défense de la souveraineté, la restauration de la paix et la consolidation de l’État.

Le cardinal Fridolin Ambongo l’a rappelé avec force : l’heure n’est plus aux antagonismes stériles. Pendant que la classe politique se divise, les populations de l’Est continuent de subir les conséquences d’une guerre qui n’en finit plus. Chaque jour de retard dans la recherche d’une cohésion nationale fragilise davantage le pays et renforce ceux qui prospèrent sur ses divisions.

Mais l’inclusivité ne doit pas devenir le prétexte d’une amnésie politique. Le dialogue ne saurait accorder une légitimité à ceux qui participent, directement ou indirectement, à la déstabilisation de la République. Construire la paix exige un engagement clair en faveur de l’intégrité territoriale, du respect des institutions et de la souveraineté nationale. Sans cette exigence, le dialogue risquerait de perdre toute crédibilité.

Parallèlement, le pouvoir doit comprendre qu’aucun dialogue ne peut prospérer dans un climat de méfiance. Les appels de l’opposition à une décrispation politique ne peuvent être ignorés. Des gestes d’apaisement, notamment sur les libertés publiques, les détenus politiques et les garanties du respect de l’ordre constitutionnel, contribueraient à créer un environnement favorable à des discussions sincères.

De son côté, l’opposition devra également faire preuve de responsabilité en plaçant l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des échéances électorales.

Alors que les initiatives diplomatiques de Washington et de Doha tentent de construire une paix durable dans la région, la RDC doit, elle aussi, bâtir son propre front intérieur. Aucune médiation internationale ne pourra durablement sécuriser le pays si les Congolais restent profondément divisés. Les victoires diplomatiques ne produiront leurs effets que si elles s’appuient sur une cohésion nationale forte.

L’histoire retiendra ce dialogue comme un tournant ou comme une occasion manquée. La responsabilité qui incombe aujourd’hui à la majorité, à l’opposition, aux confessions religieuses et à l’ensemble des forces vives est immense. Ils ont le devoir de démontrer que, face au péril qui menace la République, il existe encore une cause capable de transcender toutes les divergences : celle du Congo.

Le peuple congolais n’attend plus des discours. Il attend des actes. Des décisions courageuses. Une vision commune. Car lorsqu’une nation est confrontée à un danger existentiel, l’unité n’est plus seulement une vertu politique : elle devient la première condition de sa survie.

Rédaction

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B
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