Politique Doha fait appel au Dialogue Advisory Group dans les pourparlers entre Kinshasa et M23
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Doha fait appel au Dialogue Advisory Group dans les pourparlers entre Kinshasa et M23

Le médiateur de paix Sumbu Sita Mambu, haut représentant de Félix Tshisekedi (à gauche), et le secrétaire exécutif du groupe armé M23 soutenu par le Rwanda, Benjamin Mbonimpa (à droite), échangent les documents relatifs à un accord de cessez-le-feu, à Doha (Qatar), le 19 juillet 2025. KARIM JAAFAR / AFP
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Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 27 AOÛT 2025 - 10:49 WAT · 3 min de lecture

L’implication du Qatar dans le conflit de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) marque une nouvelle tentative de sortir d’une crise régionale qui s’enlise. Après l’essoufflement des processus de Luanda et de Nairobi, et le retrait de l’Angola de son rôle de médiateur, Doha mise sur une diplomatie hybride : articuler discussions officielles et canaux informels, en collaboration avec le Dialogue Advisory Group (DAG).

Une médiation discrète mais stratégique

Créé en 2008 et basé à Amsterdam, le DAG s’est forgé une réputation dans des contextes sensibles : supervision du désarmement de l’ETA au Pays Basque, dialogue intercommunautaire à Kirkouk en Irak, ou encore gestion des tensions post-guerre civile en Irlande du Nord. Son approche, discrète et pragmatique, repose sur l’ouverture de canaux parallèles de communication entre belligérants.

En RDC, l’organisation est présente depuis 2010 et travaille à instaurer des contacts entre le gouvernement, les groupes armés et les partenaires internationaux. Son rôle consiste moins à négocier directement un accord qu’à maintenir un espace de confiance minimal, permettant aux parties de ne pas rompre totalement le dialogue.

Un conflit aux multiples dimensions

La difficulté en RDC réside dans la multiplication des acteurs et des agendas. D’un côté, le gouvernement congolais, appuyé par la SADC, cherche à rétablir son autorité dans l’Est. De l’autre, le M23, accusé de bénéficier du soutien militaire et logistique du Rwanda, impose sa présence sur le terrain. À cela s’ajoutent des dizaines de groupes armés locaux, les intérêts économiques liés aux minerais stratégiques, et une forte implication des puissances étrangères – des États-Unis à la Chine, en passant par l’Union européenne.

Ce caractère hybride et régionalisé du conflit rend toute médiation délicate. Les processus politiques peinent à s’aligner : Washington a récemment poussé à un « accord de Doha » pour relancer les discussions, mais Kinshasa reste méfiant, et Kigali campe sur ses positions.

L’apport et les limites du DAG

L’avantage du DAG est sa capacité à dialoguer avec des acteurs souvent exclus des négociations officielles. Dans un contexte où la confiance entre États voisins est inexistante, cette méthode informelle peut contribuer à maintenir des passerelles. Toutefois, l’ONG ne peut pas, à elle seule, résoudre les causes structurelles : rivalités régionales, exploitation illégale des ressources, fragilité institutionnelle congolaise.

Pour de nombreux analystes, l’avenir du processus de paix dépendra de la combinaison entre médiations officielles (soutenues par l’ONU, l’UA, la SADC) et diplomatie discrète (comme celle du DAG). Doha, en se plaçant à l’intersection des deux, cherche à gagner un rôle de médiateur incontournable sur la scène africaine, tout en renforçant sa stature internationale.

Une équation encore ouverte

Alors que les combats se poursuivent au Nord-Kivu, l’action du Dialogue Advisory Group, soutenu par le Qatar, peut contribuer à réduire la méfiance et éviter une rupture totale des pourparlers. Mais la réalité du terrain rappelle une évidence : en RDC, aucune paix durable n’est envisageable sans un engagement sincère des États voisins et une volonté commune de mettre fin aux logiques de guerre par procuration.

Odon Bakumba

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