Doha : Ultime espoir de paix pour la RDC, sous l’ombre des armes
Doha : Ultime espoir de paix pour la RDC, sous l’ombre des armes
AFP
Alors que plusieurs chancelleries occidentales annoncent un compromis imminent entre les parties, la facilitation qatarie s’active dans l’ombre pour finaliser les derniers réglages. Mais pendant que la diplomatie s’affaire dans les salons climatisés, les lignes de front se tendent. Chaque camp arme ses positions, redoutant une surprise de l’autre. L’équation sécuritaire s’alourdit, ternissant les perspectives du tant attendu accord de Washington.
Un verre à moitié plein… ou à moitié vide
Sur la scène nationale, l’ambiance est tout aussi tendue. L’accord négocié sous l’impulsion des États-Unis divise l’opinion. Du côté du pouvoir, on y voit une avancée décisive vers la paix. L’opposition, elle, reste sceptique et soupçonne des arrangements politiques en coulisses.
Au centre de cette discorde, l’Église congolaise est, elle aussi, traversée par des lignes de fracture. Censée jouer le rôle de médiateur neutre, elle se retrouve accusée de partialité. Le Centre Interdiocésain de Kinshasa, porteur du Pacte social pour la paix à travers la CENCO et l’ECC, devient l’épicentre d’un bras de fer entre confessions religieuses. Les églises dites «non traditionnelles» dénoncent un monopole catholico-protestant sur le processus, réclamant une ouverture inclusive.
Dans une tentative d’apaisement, plusieurs représentants religieux s’organisent pour bâtir un cadre interconfessionnel, afin de contribuer collectivement aux solutions à la crise multidimensionnelle : sécurité à l’Est, perte de confiance dans les institutions, désagrégation du tissu social…
L’international s’aligne sur Washington
À l’international, le vent tourne en faveur de Kinshasa. L’Union africaine, longtemps pointée du doigt pour son inertie, se rallie finalement à la feuille de route américaine. Le panel africain de facilitateurs salue la signature de l’accord et appelle le peuple congolais à s’en approprier.
De leur côté, les États-Unis, parrains du processus, préparent une rencontre au sommet entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame pour finaliser l’accord au plus haut niveau et ouvrir une nouvelle ère de coopération économique et de stabilité régionale.
Kigali sur la défensive
Dans cette dynamique, un bouleversement stratégique majeur s’opère à Kigali. Le régime de Paul Kagame, pour la première fois depuis l’ascension du FPR, subit une série de sanctions internationales, notamment des États-Unis et de l’Union européenne. Isolé diplomatiquement, le Rwanda est contraint de reconnaître, du bout des lèvres, la présence de ses troupes en RDC — une réalité longtemps niée malgré les rapports accablants des experts onusiens.
Sous pression, Kagame accepte finalement de signer l’accord, comprenant que la communauté internationale, autrefois bienveillante, a changé de camp. Son discours, autrefois dominateur, devient ambigu autour de ses sorties médiatiques. Le mythe d’un Rwanda intouchable s’effrite.
Vers une paix possible ?
À l’Est, les populations meurtries osent à peine y croire. Après plus de trente ans de conflit, l’accord de Washington redonne un souffle d’espoir. Mais sur fond de tensions persistantes, de divisions internes et de méfiance militaire, la route vers une paix durable reste semée d’embûches.
Plus qu’un accord entre deux États, Washington redéfinit les rapports de force en Afrique centrale. Reste à savoir si la RDC saura capitaliser ce tournant historique… sans que le vent ne tourne à nouveau.
Christian Okende
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