Opinion Du Plan Marshall au « plan Tshisekedi » : quand Paluku dresse un parallèle historique entre les États-Unis de l’après-guerre et la RDC de « Fatshi »
Opinion

Du Plan Marshall au « plan Tshisekedi » : quand Paluku dresse un parallèle historique entre les États-Unis de l’après-guerre et la RDC de « Fatshi »

Du Plan Marshall au « plan Tshisekedi » : quand Paluku dresse un parallèle historique entre les États-Unis de l’après-guerre et la RDC de « Fatshi »
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 3 AOÛT 2025 - 14:46 WAT · 4 min de lecture
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À travers une tribune publiée sur son compte X (ex-Twitter) ce dimanche 3 août, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku, convoque l’histoire américaine pour interpréter la stratégie actuelle du président Félix Tshisekedi. Une démarche intellectuelle singulière qui compare le « génie » de Tshisekedi à celui des figures emblématiques américaines telles que Roosevelt, Truman ou encore George Marshall, artisan du plan éponyme.

Une lecture géopolitique à travers le prisme de l’histoire américaine

Julien Paluku ouvre son propos en resituant le contexte de l’après-guerre mondiale. Il revient sur la transition entre les présidences Roosevelt et Truman, et sur l’initiative du Plan Marshall — programme économique colossal lancé en 1948 pour reconstruire l’Europe ravagée. Le Plan Marshall, selon Paluku, incarne une triple logique : altruisme, intérêt économique et calcul politique face à l’expansion soviétique.

Ce schéma historique, le ministre le transpose à l’actualité congolaise : un pays ravagé par des décennies de conflits, marqué par une hémorragie humaine et économique (10 millions de morts, selon ses chiffres), et au centre d’enjeux globaux liés aux minerais stratégiques dans le cadre de la transition énergétique.

Le « coup de génie » de Tshisekedi : entre symbolisme et pragmatisme

Dans cette analogie, Félix Tshisekedi apparaît comme une figure réformatrice, capable de repositionner la RDC au cœur des intérêts des puissances occidentales, notamment des États-Unis. Paluku évoque à ce propos une forme de « plan Marshall congolais » qui ne dit pas son nom : mobilisation diplomatique au plus haut niveau, réactivation de l’alliance avec Washington, et recentrage de la RDC comme acteur incontournable de la paix et du développement régional.

Le « coup de génie » évoqué serait alors une stratégie de normalisation géopolitique et de légitimation internationale. Tshisekedi, tel Truman, aurait compris que la paix durable dans une région instable passe par une reconstruction encadrée, structurée et politiquement soutenue par des puissances globales.

Un message sous-jacent : dénoncer l’“instrumentalisation du Rwanda”

Mais derrière cette fresque historique, Paluku lance également un message politique : celui de la dénonciation du rôle du Rwanda dans les conflits à l’Est de la RDC. Il y voit une continuité dans l’usage de certains pays africains comme leviers d’influence au profit d’intérêts géostratégiques étrangers — tout comme Mobutu aurait été jadis un relais occidental pendant la Guerre froide.

En ramenant le débat sur le terrain des responsabilités internationales, Paluku appelle à une relecture critique du soutien accordé au Rwanda, qu’il qualifie implicitement de « mensonge déconstruit » grâce à la diplomatie actuelle de Tshisekedi.

Vers un « plan Tshisekedi » ?

La dernière partie de la tribune s’ouvre sur une question rhétorique : à qui attribuer le nom du plan de reconstruction pour la RDC ? À Donald Trump, dont le mandat a vu une inflexion des relations RDC-USA ? À Marco Rubio, comparé à Marshall ? Ou bien à Tshisekedi lui-même, pour son rôle moteur dans la reconfiguration des alliances régionales et internationales ?

Au-delà de la provocation intellectuelle, Julien Paluku interpelle l’opinion congolaise : il s’agit, selon lui, de sortir d’une lecture purement plaintive des conflits et de s’inscrire dans une logique proactive, stratégique et même visionnaire — à l’image du leadership américain d’après-guerre.

En convoquant Roosevelt, Truman, Marshall et le Plan Marshall, Julien Paluku propose une lecture symbolique du moment politique congolais. Si certains pourront juger le parallèle audacieux, voire excessif, il a le mérite de replacer la RDC dans une dynamique historique plus vaste : celle des nations qui, après avoir traversé le chaos, ont su transformer la diplomatie en levier de reconstruction. Reste à savoir si ce « coup de génie » présumé se traduira par un véritable plan structurant pour le redressement de l’Est congolais.

Odon Bakumba


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1 Commentaire
B
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