Ebola en RDC : le VPM de l’Intérieur ordonne à Kinshasa, à la Tshopo et aux Uele de verrouiller la surveillance
Information BETO. Un message officiel montre le VPM Intérieur Jacquemain Shabani ordonnant aux gouverneurs de Kinshasa, de la Tshopo et des deux Uele cinq mesures d'urgence contre Ebola : cartographie des zones à risque, surveillance renforcée, limitation des attroupements, cellules de veille et rapports journaliers.
Ebola en RDC : le VPM de l’Intérieur ordonne à Kinshasa, à la Tshopo et aux Uele de verrouiller la surveillance
AFP
Information BETO. Le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a ordonné aux gouverneurs de Kinshasa, de la Tshopo, du Haut-Uele et du Bas-Uele de convoquer « immédiatement » un Conseil provincial de sécurité élargi à la division provinciale de la santé, afin de verrouiller la surveillance face à Ebola. C’est ce qui ressort d’un message officiel obtenu par BETO.
Daté du 4 juillet et faisant suite à un précédent télégramme du 26 juin, le document, référencé sous le n°25/CAB/VPM/MININTERSEDECAC/SLBJ/ENN/283/2026, fixe cinq mesures à exécution « sans faille ». Les gouverneurs doivent d’abord « établir une cartographie des zones à risque » et des axes de mouvement des populations. Ils sont ensuite enjoints de renforcer la surveillance « aux ports, aéroports, gares routières, marchés, lieux de culte et postes frontaliers », puis de « limiter les attroupements de masse ».
Le texte impose aussi la mise en place d’une « cellule provinciale de veille Ebola » et la production d’un rapport journalier standardisé recensant les cas suspects signalés, les mesures prises, les zones surveillées, les difficultés rencontrées et les besoins urgents. Le message est adressé en copie à la Présidence, à la Primature, au ministère de la Santé publique, à la police nationale, à l’Agence nationale de renseignements et à la direction générale de migration.
L’ordre tombe alors que la 17e épidémie d’Ebola déclarée en RDC déborde son épicentre. Partie de l’Ituri, la maladie a gagné de nouvelles provinces au gré des déplacements de malades. Deux cas ont été confirmés à Kisangani, chef-lieu de la Tshopo, dont l’un rattaché à la zone de santé de Nia-Nia, en Ituri, selon l’Institut national de santé publique. Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a depuis classé la Tshopo et le Haut-Uele parmi les provinces affectées.
Au 7 juillet, l’épidémie totalisait 1 759 cas confirmés et 600 décès, soit une létalité de 34,1 %, jusque-là répartis entre l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Due à la souche Bundibugyo et déclarée le 15 mai, elle avance sur fond d’un déficit de financement qui freine la riposte.
En visant Kinshasa, la Tshopo et les deux Uele, le vice-Premier ministre cible autant les provinces déjà atteintes que les portes d’entrée vers la capitale, reliée à Kisangani par le fleuve. Le document ne fixe aucune échéance de levée. Il réclame des comptes « journaliers ».