Afrique Mer Rouge : les dessous des négociations maritimes entre le Soudan et l’Arabie saoudite
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Mer Rouge : les dessous des négociations maritimes entre le Soudan et l’Arabie saoudite

Mer Rouge : les dessous des négociations maritimes entre le Soudan et l’Arabie saoudite
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 18 SEPTEMBRE 2026 - 12:42 WAT · 4 min de lecture

Le dossier de la délimitation des frontières maritimes entre le Soudan et l’Arabie saoudite revient au premier plan, sur fond d’intenses tractations diplomatiques et d’importants enjeux économiques en mer Rouge. Des médias soudanais font état de négociations entre Port-Soudan et Riyad, allant jusqu’à évoquer l’existence d’un possible « accord secret » associant la question des frontières maritimes à un soutien financier et militaire saoudien. Des allégations qui ne sont toutefois pas confirmées officiellement dans les éléments consultés.

Selon des informations rapportées par des médias soudanais, le général Abdel Fattah Al-Burhan, président du Conseil souverain de transition, avait ordonné le report de la formulation définitive de l’accord de délimitation des frontières maritimes entre le Soudan et l’Arabie saoudite, alors que des consultations étaient en cours avec l’Égypte.

Cette décision aurait été prise à la suite de pressions du Caire après la divulgation d’informations sur les travaux des commissions soudano-saoudiennes chargées du dossier. L’Égypte chercherait ainsi, selon ces sources, à préserver ses propres intérêts dans la délimitation des espaces concernés.

Le 20 septembre 2025, la commission chargée de la délimitation des frontières maritimes entre le Soudan et l’Arabie saoudite avait tenu une réunion consacrée notamment aux modifications à apporter à la formulation définitive de l’accord. Parallèlement, une délégation technique et juridique devait engager des discussions avec l’Égypte sur la délimitation des frontières terrestres et maritimes entre Khartoum et Le Caire.

Le dossier prend cependant une dimension plus sensible avec les accusations relayées par certaines sources médiatiques soudanaises. Celles-ci affirment qu’Al-Burhan aurait accepté de relancer les discussions sur les frontières maritimes avec Riyad en contrepartie d’un soutien financier et militaire saoudien. Elles évoquent des négociations menées sous couvert d’« investissements » et comportant des clauses qui seraient restées confidentielles. Ces affirmations demeurent, à ce stade, des allégations rapportées par les sources citées dans le document.

Le regain d’intérêt autour de ce dossier coïncide également avec une activité diplomatique saoudienne remarquée à Port-Soudan. L’ambassadeur d’Arabie saoudite au Soudan, Zaid bin Makhlad Al-Harbi, a notamment rencontré plusieurs responsables soudanais en septembre 2026, parmi lesquels le général Yasser Abdel Rahman Al-Atta, le directeur général de l’Autorité des ports maritimes, Gilani Mohamed Gilani, ainsi que le vice-président du Conseil souverain de transition, Malik Agar.

Derrière la question des frontières se trouvent également d’importants intérêts économiques. Les espaces concernés en mer Rouge renfermeraient des ressources minérales et des hydrocarbures dans leurs fonds marins, renforçant la dimension stratégique des discussions entre les deux pays.

Les discussions soudano-saoudiennes sur la mer Rouge ne datent toutefois pas d’aujourd’hui. Les premières négociations remontent au 11 juillet 1973 à Djeddah. Elles portaient sur la délimitation du plateau continental et la coopération dans l’exploitation des richesses des fonds marins. Elles avaient débouché sur un accord signé définitivement à Khartoum le 16 mai 1974.

Cet accord avait organisé le partage du fond de la mer Rouge en différentes zones, avec la reconnaissance de droits souverains exclusifs au Soudan et à l’Arabie saoudite sur leurs espaces respectifs. Plus d’un demi-siècle après, le retour de ce dossier intervient dans un contexte radicalement différent, marqué par la guerre au Soudan et par des enjeux géopolitiques et économiques croissants autour de la mer Rouge.

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B
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