Santé Ebola en RDC : 4 080 morts et 66 nouveaux cas, selon l’INSP
Santé ›

Ebola en RDC : 4 080 morts et 66 nouveaux cas, selon l’INSP

Le rapport n° 141 de l’Institut national de santé publique, arrêté au 2 octobre, compte 8 442 cas confirmés et 4 080 décès, avec 66 nouveaux cas et 22 décès communautaires en une journée. Le ministre de la Santé disait le pic franchi trois jours plus tôt.

Riposte contre l'épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo

Ebola en RDC : 4 080 morts et 66 nouveaux cas, selon l’INSP
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 5 OCTOBRE 2026 - 12:16 WAT · 5 min de lecture

Le rapport de situation n° 141 de l’Institut national de santé publique, arrêté au 2 octobre 2026, porte le bilan de la dix-septième épidémie d’Ebola à 4 080 décès confirmés pour 8 442 cas confirmés, soit une létalité de 48,3 %. Le même document enregistre 66 nouveaux cas confirmés en vingt-quatre heures, dont 22 décès survenus dans la communauté. Trois jours plus tôt, le ministre de la Santé publique déclarait le pic de l’épidémie franchi.

L’institut, structure officielle du ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, dénombre 2 213 guéris. Soixante-quatre zones de santé sur 167 sont touchées, soit 38,3 % du total, et 246 aires de santé sur 3 104, soit 7,9 %. Sept provinces sont concernées : Bas-Uélé, Haut-Uélé, Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Sud-Ubangi et Tshopo.

Vingt-deux morts hors des structures de soins en une seule journée

Le chiffre des 22 décès communautaires enregistrés en vingt-quatre heures décrit un mécanisme précis : ces malades sont morts en dehors des centres de traitement, donc sans avoir été identifiés comme contacts, et chaque corps devient un foyer de contamination jusqu’à son enterrement sécurisé. Le même rapport chiffre le suivi des contacts à 73,1 % pour un objectif de 95 %, et dénombre 846 patients en isolement ou en traitement.

La riposte reste privée de son outil le plus efficace. Il n’existe aucun vaccin homologué contre le virus Bundibugyo, responsable de cette épidémie déclarée le 15 mai 2026, alors que les flambées précédentes dues au virus Zaire pouvaient être contenues par la vaccination en ceinture. L’Institut national de santé publique fait état de 1 147 personnes vaccinées au Bas-Uélé, dans le cadre d’un protocole de recherche.

Ce que le ministre a dit le 2 octobre

Le vendredi 2 octobre à Kinshasa, en conférence de presse, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel-Roger Kamba, a présenté un bilan arrêté au 29 septembre : 8 224 cas confirmés, 63 zones de santé touchées, douze zones sans nouveau cas depuis plus de quarante-deux jours et huit autres sans cas depuis vingt-deux à quarante-deux jours.

« Le pic est vraiment derrière nous, donc l’épidémie ne peut plus nous échapper. Avant, on suivait l’épidémie, maintenant nous avons anticipé », a déclaré le ministre, rapporté par Radio Okapi. Il a décrit un changement d’échelle de la riposte : « Aujourd’hui, nous ne parlons plus d’épidémies provinciales, on parle d’épidémies zonales ». Lors de la même conférence, il a exigé des partenaires davantage de transparence sur l’usage des fonds reçus et menacé de retirer leur accréditation en cas de non-justification. Le ministre annonçait déjà un ralentissement de la transmission en août.

Cinq cent cinquante-deux cas de plus en neuf jours

La comparaison des trois bilans officiels disponibles donne la pente. L’Organisation mondiale de la santé, dans son bulletin d’information sur les flambées épidémiques publié le 25 septembre, recensait 7 890 cas confirmés et 3 799 décès au 23 septembre, pour une létalité de 48,1 % et 1 966 personnes rétablies. Le ministère comptait 8 224 cas confirmés au 29 septembre. L’Institut national de santé publique en compte 8 442 au 2 octobre.

Soit 552 cas confirmés et 281 décès de plus en neuf jours. L’OMS précisait par la même occasion que 48 des 63 zones de santé alors touchées avaient enregistré au moins un cas dans les vingt et un jours précédents. La règle de l’OMS veut qu’une épidémie d’Ebola ne soit déclarée terminée que quarante-deux jours après le dernier cas confirmé, soit deux périodes d’incubation.

L’Ituri porte trois quarts du bilan national

La province de l’Ituri concentre 6 370 cas et 2 933 décès, soit 75,5 % du cumul national des cas, pour une létalité de 46,0 %. Le Nord-Kivu suit avec 1 657 cas et 979 décès, et une létalité de 59,1 %, la plus élevée des provinces documentées. Le Haut-Uélé compte 352 cas et 146 décès, soit 41,5 %. L’OMS relevait au 23 septembre que 28 des 36 zones de santé de l’Ituri étaient atteintes.

C’est à Bunia, chef-lieu de la province, que le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s’est rendu le 3 octobre, au centre de traitement de Rwampara et au laboratoire provincial, accompagné du professeur Jean-Jacques Muyembe, directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale. « Dans le cadre des discussions budgétaires qui vont s’ouvrir dans les prochains jours, nous proposerons une allocation de nos moyens en matière humanitaire pour aller jusqu’au bout de cette lutte contre Ebola », a déclaré le ministre français, qui avait été reçu la veille par le président Félix Tshisekedi.

La riposte avance sur un terrain déjà contraint. L’intersyndicale de la santé a déposé le 1er octobre un préavis de grève de sept jours. Un membre de Médecins sans frontières a été testé positif et évacué vers les Pays-Bas en septembre, et le financement de la riposte reste incomplet de plus d’un milliard de dollars.

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…