Ebola : 2,9 milliards de dollars mobilisés, plus de 1,4 milliard encore demandé
À la réunion ministérielle du G20+ tenue le 23 septembre à New York à l’initiative des États-Unis, Judith Suminwa a demandé que les engagements deviennent des décaissements. La Primature annonce 2,9 milliards de dollars mobilisés, sans en préciser le périmètre, et fait état d’un besoin actualisé de plus de 1,4 milliard supplémentaires.
Ebola : 2,9 milliards de dollars mobilisés, plus de 1,4 milliard encore demandé
AFP
Deux milliards neuf cents millions de dollars sont désormais mobilisés pour la riposte contre Ebola, selon la Primature. Le chiffre a été donné à l’issue d’une réunion ministérielle du G20+ consacrée à l’épidémie, tenue le mercredi 23 septembre à New York à l’initiative des États-Unis, et rendue publique par le service de communication de la Première ministre le 29 septembre. Judith Suminwa Tuluka y a demandé que ces engagements deviennent des décaissements.
« Que cette réunion transforme les engagements en décaissements, les décaissements en actions et les actions en vies sauvées », a déclaré la cheffe du gouvernement, citée par la Primature.
Un montant sans périmètre
La dépêche ne dit pas ce que recouvrent ces 2,9 milliards. Elle ne précise ni la période, ni la part revenant à la République démocratique du Congo, à l’Ouganda ou à la réponse régionale, ni ce qui relève d’annonces nouvelles et ce qui reprend des enveloppes déjà connues.
La distinction n’est pas formelle. Trois appels de fonds coexistent déjà sur cette épidémie, avec trois périmètres différents qu’il ne faut pas additionner : le plan humanitaire onusien de 2,13 milliards de dollars, le 1,1 milliard réclamé par Antonio Guterres, qui en est exactement la part manquante, et le plan congolais de six mois.
Ce dernier est celui qui permet de mesurer la demande congolaise. Le plan révisé de 180 jours présenté le 4 septembre portait sur 1,3 milliard de dollars. Devant le G20+, la Première ministre a fait état d’un besoin de plus de 1,4 milliard supplémentaires, selon une estimation actualisée du gouvernement, destinée à la surveillance, au diagnostic, aux soins, à la protection des professionnels de santé et à l’action communautaire.
Cinquante millions sur fonds propres
Judith Suminwa a rappelé que la RDC avait déjà décaissé 50 millions de dollars sur ses propres ressources pour soutenir la riposte. C’est le seul montant de la dépêche dont l’origine et la destination sont identifiées.
La traçabilité, demande répétée
« Chaque dollar doit pouvoir être suivi jusqu’aux services effectivement rendus aux populations. La transparence n’est pas une défiance envers nos partenaires : elle est une condition de confiance et d’efficacité », a déclaré la Première ministre.
La demande n’est pas nouvelle. Le même jour, à New York, elle avait soulevé devant la directrice générale du CDC américain la question de la gestion des financements affectés directement aux agences internationales, lors d’un entretien distinct de cette réunion ministérielle.
Selon la Primature, Africa CDC entend renforcer avec le gouvernement congolais, l’Organisation mondiale de la santé et les partenaires le mécanisme de suivi financier de la riposte, afin d’accélérer l’arrivée des ressources en première ligne, d’identifier les déficits et de maintenir le pilotage national au centre de la coordination. Ni la forme de ce mécanisme ni son calendrier ne sont précisés.
« Nous le vaincrons avec elles »
La cheffe du gouvernement a insisté sur le rôle des communautés, plaidant pour une approche centrée sur les villages qui associe davantage les chefs coutumiers et religieux, les femmes, les jeunes, les survivants et les relais communautaires aux décisions comme aux interventions.
« Nous ne vaincrons pas Ebola à la place des communautés. Nous le vaincrons avec elles », a-t-elle affirmé.
Une accalmie qui n’est pas une fin
La Première ministre a relevé la diminution des cas observée dans certains foyers de l’Ituri, tout en avertissant que la transmission reste active dans certaines zones et que le risque d’extension à d’autres provinces et aux pays voisins persiste. « Les progrès doivent nous encourager à intensifier la riposte, jamais à la relâcher », a-t-elle prévenu.
La mise en garde recoupe celle des acteurs de terrain. Médecins sans frontières avait alerté le 18 septembre contre l’annonce prématurée d’un contrôle de l’épidémie, deux jours après que le gouvernement eut annoncé une accalmie générale et un suivi des contacts porté à plus de 80 %.
L’ordre de grandeur reste celui d’une des plus grandes épidémies de l’histoire de la maladie. Au 6 septembre, le bilan national s’établissait à 6 686 cas et 3 226 décès, selon le rapport de situation numéro 115 de la Task Force présidentielle.
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