Politique Fred Bauma: de Makala à Washington!

Fred Bauma: de Makala à Washington!

Il avait à peine six ans lorsque le maréchal et dictateur Mobutu Sese Seko fut chassé du pouvoir. Aujourd'hui, à 26 ans, il incarne une génération des jeunes congolais décidée à en découdre avec la dictature. Retour sur cette icône des mouvements citoyens opposés, cette fois-ci à Kabila.

Fred Bauma: de Makala à Washington!
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 30 NOVEMBRE 2016 - 16:07 WAT · 3 min de lecture

Jeune militant du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA), Fred Bauma a été arrêté le 15 mars 2015 alors qu’il participait au lancement du collectif Filimbi dans une activité organisée à Kinshasa par les mouvements pro-démocratie Africains dont le mouvement Sénégalais (Y’en a marre) et Burkinabé (Balai Citoyen). Témoin de la montée de violations de droits de l’homme en RDC à l’approche de la date du 19 décembre, il était invité par Tom Santos, le président de la puissante commission des droits de l’Homme du Congrès Américain à Washington, pour présenter l’état de lieu de la situation sur les droits humains ces derniers mois en République Démocratique du Congo.

Après 17 mois passés dans l’une de cellules que compte le Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (ex-Makala), sa libération par une mesure présidentielle de décrispation de l’espace politique avant le début du Dialogue, Fred Bauma a fait une tournée dans différents espaces de défense de droits humains notamment en Europe partager son expérience.

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Devant le congrès Américain, Fred Bauma (Frédéric Winga Bauma, 26 ans) a dressé un tableau sombre de la situation de droits humains en RDC notamment avec l’arrestation des activistes des droits humains, des militants pro-démocratie, des politiciens membres de l’opposition. Dans son discours devant l’Atlantic Concil de Washington, ce jeune qui a adhéré à la LUCHA depuis 2012 a parlé également des prétextes avancés par le gouvernement pour la non tenue des élections présidentielles, qu’il considère comme des manœuvres dilatoires justifiant la prolongation de son règne au-delà de son mandat.

Outre l’appel aux membres du Congrès Américain à appliquer des sanctions à l’encontre des personnalités du pouvoir responsables de la répression des manifestations pacifiques et de la violation des droits humains, cet ancien élève en option Biologie-Chimie au collège Mwanga de Goma et de la faculté de gestion financière université à l’ULPGL (Université Libre des Pays des Grands-Lacs) a réitéré son appel et celui dont il est convaincu être celui de tous les jeunes congolais au président Joseph Kabila de « marquer l’histoire » en quittant le pouvoir à la fin de son mandat, au lieu de se préparer à la répression de ces jeunes et d’autres congolais qui seront dans les rues si, Joseph Kabila se maintient au pouvoir à l’expiration de son mandat.

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« Je demande au chef de l’État Joseph Kabila à se prononcer publiquement qu’il ne se représentera pas et qu’il se retirera » a dit Fred Bauma, considérant la date du 19 décembre comme la seconde date la plus importante en RDC après le 30 juin marquant l’indépendance de ce pays face à la Belgique.

Reçu dans les studios de la Voix de l’Amérique, la chaîne publique Américaine, ce militant de la Lucha est revenu sur les difficiles moments passés à la prison centrale de Makala à Kinshasa, considérant sa détention commune une injustice. « Il y a plusieurs Congolais qui continuent à subir cette injustice, tout simplement parce qu’ils se sont exprimé leurs opinions sur les questions électorales, de l’alternance… « , a dit ce militant, appelant à la relaxe de ces congolais et à la poursuite de la lutte pour faire de la République Démocratique du Congo « un État de droit, de justice sociale, la liberté, la dignité humaine, de respect des valeurs républicaines,… »

Fiston Mahamba

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