Politique Ituri : après le massacre de Komanda, les populations fuient la zone en quête de sécurité
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Ituri : après le massacre de Komanda, les populations fuient la zone en quête de sécurité

Illustration de la cité de Komanda située dans la province d'Ituri
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 28 JUILLET 2025 - 12:06 WAT · 3 min de lecture

Une attaque attribuée aux ADF a semé la mort et la désolation dans la cité de Komanda, située en territoire d’Irumu, au sud de l’Ituri. Survenue dans la nuit du samedi à dimanche 27 juillet, elle a coûté la vie à une quarantaine de personnes, selon les premiers bilans.

Depuis ce drame, des mouvements massifs de populations sont signalés. Les habitants fuient les zones jugées dangereuses pour trouver refuge dans des milieux jugés plus sûrs. Les quartiers de Base, Zunguluka, Umoja et Ngombenyama, considérés parmi les plus exposés, se sont presque entièrement vidés de leurs habitants, rapportent plusieurs sources relayées par Radio Okapi.

Certains déplacés prennent la direction de Kisangani, d’autres de Bunia, en empruntant tous les moyens disponibles : à pied, à moto ou entassés dans des taxis. Sur le terrain, les forces armées conjointes FARDC-UPDF ont renforcé leur présence, offrant un léger sentiment de sécurité aux personnes restées sur place. Néanmoins, la peur continue de régner.

Les activités économiques sont paralysées : marchés, boutiques, pharmacies, et même les églises ont fermé leurs portes. Les agriculteurs, quant à eux, n’osent plus se rendre dans leurs champs.

Ce massacre intervient alors que plus de 20 000 déplacés en provenance du territoire de Djugu, situé plus au nord, avaient déjà rejoint depuis plusieurs jours des sites improvisés à Bunia et ses environs. C’est ce qu’a rapporté l’Association des déplacés et victimes des guerres de l’Ituri lors d’un point de presse jeudi dernier. Ces déplacements massifs sont également liés à la recrudescence de l’insécurité dans la région de Djugu, où les FARDC mènent des opérations contre divers groupes armés.

Les nouveaux arrivants, originaires de Nizi, Lopa et Centrale Solenyama, vivent dans des conditions extrêmement précaires.

« Les nouveaux venus ne savent même pas où passer la nuit. S’ils dorment en brousse, c’est par manque d’espace et par peur des attaques », alerte chez nos confrères, Olivier Karba, chargé de communication de l’association.

La mairie de Bunia fait état de plus de 2 400 déplacés hébergés chez des familles d’accueil, elles-mêmes confrontées à de grandes difficultés. Le manque d’eau, de nourriture et les risques épidémiques font craindre une crise humanitaire imminente. Les autorités locales et les acteurs humanitaires appellent à une mobilisation urgente. « Si personne ne réagit rapidement, nous risquons de subir des conséquences très graves », insiste Karba.

Ce lundi, les familles des victimes se sont réunies à la paroisse Bienheureuse Anuarité de Komanda pour un culte en mémoire des civils tués lors de cette attaque meurtrière.

Merveilles Kiro

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