Ituri : la société civile dénonce l’absence d’offensives militaires contre les groupes armés
Ituri : la société civile dénonce l’absence d’offensives militaires contre les groupes armés
AFP
Le président de la société civile de l’Ituri, Dieudonné Lossa, dénonce l’absence d’opérations militaires d’envergure contre les groupes armés actifs dans cette province de l’est de la République démocratique du Congo. Dans une déclaration faite mercredi 21 octobre 2026, il a critiqué une stratégie militaire qu’il juge essentiellement défensive, alors que les violences continuent de faire des victimes et de provoquer des déplacements de populations.
Selon Dieudonné Lossa, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ne mèneraient pas suffisamment d’opérations offensives contre les groupes armés, notamment les Forces démocratiques alliées (ADF), la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) et la Convention pour la révolution populaire (CRP), associée à Thomas Lubanga.
« Il y a toujours l’absence d’opération militaire. Nous ne savons pas quelle opération est menée en Ituri contre un groupe armé », a-t-il déclaré.
Le président de la société civile estime que les interventions des FARDC se limitent généralement à des ripostes après les attaques, au lieu de s’inscrire dans une stratégie permanente visant à empêcher les incursions des groupes armés.
Selon lui, cette situation permet aux assaillants de poursuivre leurs activités et expose davantage les populations civiles aux violences.
« Les groupes armés se sont déjà habitués à ce rituel », a-t-il regretté, dénonçant le caractère prévisible des interventions militaires.
Dieudonné Lossa s’est également interrogé sur l’efficacité de l’état de siège instauré en mai 2021 dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu pour lutter contre l’insécurité.
Plus de cinq ans après l’entrée en vigueur de cette mesure exceptionnelle, il estime que les résultats restent insuffisants au regard de la persistance des attaques et de leurs conséquences humanitaires.
« Le nombre des morts continue de croître, les déplacés se renforcent. C’est un chaos que la population traverse pendant plus d’une décennie. Les violences ont atteint un niveau de paroxysme inacceptable en Ituri », s’est-il indigné.
Pour le président de la société civile, la multiplication des violences et les déplacements de populations témoignent de la nécessité de revoir les réponses apportées à l’insécurité dans cette province.
Il appelle notamment le gouvernement central à accorder davantage d’attention à la situation sécuritaire de l’Ituri et à renforcer les opérations militaires contre les groupes armés.
« Le gouvernement doit prendre ses responsabilités et les assumer. Apparemment, l’Ituri ne fait pas la priorité de notre gouvernement », a-t-il déclaré.
Dieudonné Lossa demande ainsi aux autorités nationales de privilégier des opérations militaires planifiées et continues, capables de réduire la capacité de nuisance des groupes armés et de renforcer la protection des civils.
Ces critiques interviennent alors que plusieurs territoires de l’Ituri restent confrontés aux violences armées, aux déplacements de populations et à une insécurité persistante.
Les déclarations du président de la société civile concernant l’absence d’offensives militaires n’ont pas encore fait l’objet d’une réaction officielle des FARDC dans les informations disponibles.
Azarias Mokonzi
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